Antithèses VI

La première année de ce deuxième quinquennat s’achève pour Evviva la Pappa ! Toujours des bonnes recettes, fondant au chocolat, cocadas, crostate… Une mémorable Fête des Jardins au Parc Floral, avec un cortège d’harmonies de piano à bretelles, un Cappuccino largement culturel sur Aligre fm très régulièrement et une orientation patrimoniale cette année pour différents médias avec Le Panthéon de Paris, le Procope, et le Palais d’Iéna avec compte-rendu dans le blog en bonus !

Pour fêter les six ans d’Evviva la Pappa ! et l’arrivée du printemps, encore et toujours des antithèses pour souligner la polarisation des choses. Cette fois, c’est thème unique Francia-Italie !

Festival de Cannes ou Mostra de Venise
Courchevel ou Cortina
Nouvelle vague ou Comédie italienne
Côte d’Azur ou Riviera

La mode parisienne ou la mode milanaise
JPG ou D&G
Panthéon de Paris ou Panthéon de Rome
Tour Eiffel ou Colisée

France Télévisions ou la Rai
Laure Manaudou ou Federica Pellegrini
Saint-Tropez ou Portofino
La Marseillaise ou Il Canto degli italiani

Louison Bobet ou Gino Bartali
Johnny Hallyday ou Adriano Celentano
Bernard Hinault ou Francesco Mozer
Le Tour ou le Giro

Oignon des Cévennes ou oignon de Tropea
Anne Hidalgo ou Virginia Raggi
Haute gastronomie ou cuisine familiale
Tapie ou Berlusconi

Opera Garnier ou Scala de Milan
Barbara ou Mina
Claude Nougaro ou Paolo Conte
Gus Viseur ou Tony Murena

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Les 80 ans du Palais d’Iéna, magazine La Voce n°99, février 2018

DSCN6614sProche du somptueux Palais Galliera d’origine italienne, sur la colline des musées de Chaillot, le Palais d’Iéna fête ses 80 ans. Il abrite la troisième chambre constitutionnelle de la République avec à sa tête, Patrick Bernasconi, un trentino-normand au sein d’un sommet d’architecture célébrant les Travaux Publics.

C’est dans le cadre de l’Exposition Internationale des « Arts et des Techniques » que le Palais d’Iéna fut conçu en 1937 pour abriter Le Musée des Travaux Publics (1939/1955). L’exposition, qui s’étend du Trocadéro jusqu’aux Invalides par le Champ de Mars, s’est accompagnée de la création de plusieurs Musées, la plupart sur la Colline de Chaillot. Le Musée des Travaux Publics était destiné à montrer de façon spectaculaire et didactique les grandes réalisations françaises  dans le domaine du génie civil et des travaux publics. Les finitions internes sont en marbre rose et béton armé.

Le Palais d’Iéna a été construit en 1937 et inauguré en 1939 par Albert Lebrun, Président sous la IIIème République. Il est classé monument historique en 1993.

En 1946, le CE (Conseil Économique) est inscrit dans la Constitution de la IVe République. C’est la troisième assemblée constitutionnelle de la République

En 1958, le CE devient CES (Conseil Économique et Social) et est inscrit dans la Constitution de la Ve République.

En 1959, le Palais d’Iéna devient le siège du CES.

En 2008, on ajoute la compétence environnementale au CES qui devient CESE (Conseil Économique, social et Environnemental.

En 2015 & 2016, la restauration des façades extérieures en béton s’affiche.

L’assemblée du CESE est composée de 233 membres ainsi que 60 personnalités associées. Les membres sont répartis en trois grands pôles représentant les acteurs de la vie économique, et du dialogue social, de la vie associative et territoriale ainsi que d’associations et de fondations agissant dans le domaine de la protection, de l’environnement et du développement durable. Il favorise le dialogue entre les catégories socioprofessionnelles et participe à l’information des citoyens. Il conseille le Gouvernement et le Parlement et participe à l’élaboration et à l’évaluation des politiques publiques dans ses champs de compétence. Il peut être saisi par le Premier ministre, le président de l’Assemblée Nationale ou du Sénat par voie de pétition ou d’autosaisine.

Il existe un convivial Club des Passionnés d’Iéna ouvert à tous dans un réseau qui regroupe entreprises, associations et institutions.

Les enjeux de cet anniversaire sont multiples.

Il s’agit de valoriser un patrimoine architectural, d’annoncer la volonté d’inscrire le Palais d’Iéna sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO et enfin, de restaurer ce patrimoine par une démarche de mécénat ambitieuse notamment de PRADA Group.

Concernant le CESE, l’ambition est de constituer le CESE dans une chambre moderne, de favoriser les expressions citoyennes et de valoriser la contribution du CESE à la fabrique de la loi.

La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, lors du lancement de l’anniversaire, a rappelé le contexte historique de la création du Palais d’Iéna. 1937 fut l’année de l’espoir selon les mots d’André Malraux premier titulaire du ministère de la Culture. Le face à face entre l’Allemagne nazie et la Russie soviétique s’est affirmé. L’Italie a décidé de sortir de la Société des Nations. Picasso a peint l’œuvre majeure antimilitariste Guernica, sur les massacres pendant la guerre civile espagnole. A un ambassadeur du régime nazi qui lui demandait : « C’est vous qui avait fait cela ?», Picasso a répondu : « Non, c’est vous ».

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Histoire

Le temps ne respecte pas ce qui se fait sans lui disait Paul Morand. Relever un défi de rivaliser avec l’ordre antique du Parthénon à Athènes, le Palais d’Iéna à l’origine s’inscrivait dans un grand projet pour Paris. Auguste Perret fut pressenti pour élaborer le plan général de l’Exposition Internationale des Arts & Techniques de 1937. Pour lui, il s’agissait de compléter les grands travaux du baron Haussmann tout en améliorant la fonctionnalité du territoire parisien.

De grande ampleur le projet dispose de pavillons nationaux le long d’une allée centrale et rive droite sur la colline de Chaillot, un complexe muséographique surnommé cité des musées. Ce projet sera finalement abandonné suite à la crise politique de 1934.

Il n’en demeure pas moins le grand ensemble des musées: musée de l’Homme -1938-, musée de la Marine -1943-, et musée des Monuments français -1882-.

Ainsi que d’autres qui viennent compléter comme le Musée d’Art Moderne -1947-, le musée Guimet des arts asiatiques -1885-, et celui de la mode -1977- (au sein du Palais Galliera légué à la ville de Paris par la duchesse génoise du même nom).

Perret se verra confier la création d’un projet de musée des Travaux publics en 1936. Le palais ne sera pas achevé pour l’exposition de 1937. Il quitte le chantier après la guerre avant d’achever les ailes de l’avenue du Président Wilson et de l’avenue Albert de Mun. L’aile de l’avenue du président Wilson sera l’œuvre de Paul Vimond, un élève de Perret, Grand Prix de Rome, terminé en 1962. L’aile Albert de Mun sera achevée en 1995. Inauguré en 1939, le musée des Travaux publics restera ouvert une quinzaine d’années et sera réquisitionné en 1954 pour une assemblée de représentants des colonies et des territoires d’Outre-mer à l’Union française pendant 5 ans.

Architecture

Œuvre phare de Perret, un des plus beaux édifices de la République, le palais est juché tel l’étrave d’un navire sur une parcelle à la déclivité de 4 mètres. On est culparterrisé. La rotonde accueille l’hémicycle. Elle coiffe deux modules en V. Elle est constituée d’une double ossature. La première est portée par des colonnes en retrait. La seconde couronnée par les fameux claustras, des parois ajourées dont les modules sont en V. L’ensemble s’articule autour de deux coupoles. L’une intérieure formée d’un voile en béton abritant l’hémicycle, l’autre extérieure surmontée d’un lanternon.

L’aile Perret avenue d’Iéna abrite une colonnade. Ces colonnes tronçoniques sont installées la tête en bas, elles s’élèvent en s’évasant, ornées de motifs végétaux. Les points d’appui sont plus gros en haut qu’en bas. Elles s’inspirent de groupe de palmiers égyptiens. Perret admirait le miracle grec du Parthénon dont aucun élément n’est régulier.

La salle hypostyle logée dans l’aile d’Iéna est accessible par une galerie circulaire de l’entrée. L’espace qui se déploie est monumental : 18 mètres de large sur 60 mètres de long. 7 mètres de hauteur sous plafond, 18 colonnes tronçoniques. Elles contiennent des fragments de silex, le reste de la structure est composé de parpaings préfabriqués qui contiennent des agrégats de porphyre vert (cristaux de roche volcanique) et marbre rose. Les plafonniers ont constitués de pâte de verre et les caissons de chêne cérusé.

La salle hypostyle a servi de décor de tournage pour le documentaire, Corée du Nord, la dictature de la bombe de Stéphane Masseline & Anne Loussouarn, Magnéto Presse, 2018.

Dans la rotonde est aménagée une salle en amphithéâtre de 25 mètres de diamètre. Les gradins contiennent les 238 sièges des conseillers du CESE ainsi qu’une tribune de 185 places réservées au public. La coupole intérieure se compose de nervures concentriques en béton ainsi que de baies vitrées.

En face de l’hémicycle trône l’escalier monumental tout en pierres de Vaurion avec à sa base, deux colonnes évasées façon tronc de palmiers autour desquelles la rambarde vient s’enrouler. Un ensemble porté par l’étincelance lumineuse des baies vitrées aux claustras en V, à l’abstraction là aussi toute orientale. En majesté il semble léviter en joyau art déco.

Pour Joseph Abraham, historien et professeur à l’École Nationale d’Architecture de Nancy, le Palais d’Iéna d’Auguste Perret constitue « un nouvel ordre monumental sans référence archaïsante. Il réinvente le classicisme en travaillant non pas sur le renouvellement des formes mais sur les proportions des différents éléments constructifs ».

Auguste Perret

Il est né à Ixelles dans la banlieue de Bruxelles (non loin de la Maison de la Radio conçue par Joseph Diongre, toute en angles arrondis et briques jaunes, place Flagey, là où se trouve une des plus belles frites de Belgique et construit la même année que le Palais d’Iéna). Fils d’un tailleur de pierre-entrepreneur, il a étudié à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. Il assimile le classicisme et le rationnalisme de ses prédécesseurs (Viollet-Le-Duc, Labrouste, Eiffel, Choisy, Guadet, de Baudot – église Saint-Jean Evangéliste de Montmartre…). Il fonde avec ses deux frères une agence d’architectes et une entreprise de construction, la société Perret Frères Architectes Constructeurs béton armé. A l’image de ses prédécesseurs, il défend la fonction de constructeur comme l’essence même de l’architecture.

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Entrepreneur et architecte visionnaire, un des maîtres de Le Corbusier, il est souvent décrit comme le poète du béton. Il a toujours cherché à donner une dignité à ce matériau. Le beau dans l’utile. Il a inventé un nouvel ordre classique en partant des ordres antiques alliés aux techniques modernes de construction. Le béton armé est un matériau moderne, disponible, économique et performant. C’est un mélange de ciment, de sable et d’autres graviers. Matière miraculeuse, expression monumentale du XXème siècle comparable à l’Antiquité ou au Moyen-Âge. « Il n’est pas entré ici un sac de plâtre » à propos du Palais d’Iéna. Perret est un puriste. Pas de ragréage, on laisse les irrégularités d’une maçonnerie. Le béton se travaille au marteau, à la boucharde, à la cisaille ou à la laye.

Il est célèbre pour sa conception du théâtre des Champs-Elysées et de l’immeuble de la rue Franklin. Il est parti faire ailleurs l’église au Raincy avec une performance sur le coût et le délai de 13 mois, elle est surnommée la Sainte-Chapelle du béton armé. Casino de Saint Malo 99, Salle Cortot du Conservatoire de Musique de Paris 29, le Palais du mobilier national Paris 34, tour place Alphonse-Fiquet à Amiens 42. L’Hôtel de Ville et les Ilots V40 & V41 qu’il a signé au Havre figure sur la liste du patrimoine mondial de l’Humanité de l’UNESCO en 2005.

Art

Au chapitre des meubles on peut admirer dans la salle hypostyle, des fauteuils facettés contemporains rappelant les claustras conçu par le designer Pierre Paulin en 1987. Des témoignages de la haute lisse française représentée par les ateliers de Beauvais, Aubusson ou la Manufacture des Gobelins. Dans la salle hypostyle, deux tapisseries célébrant l’exotisme d’après un carton de René Perrot proviennent des ateliers d’Aubusson. Au centre de l’hémicycle sous la fresque de Jean Souverbie, se déploie trois tapisseries des Gobelins d’après Marcel Gromaire, L’Automne, l’Hiver et l’Eau.

Les onze métopes au dessus des baies vitrées de la rotonde à l’entrée du Palais sont restées vides pendant cinquante ans. C’est l’artiste Martial Raysse qui se verra confier par le ministère de la Culture la conception de ces métopes en 1985. Elles seront mises en mosaïque par l’artisan romagnol Luigi Guardigli qui a travaillé pour Fernand Léger, Georges Braque, Marc Chagall… et également joueur de mandoline. Une statue en bronze de patine noire intitulée Sol et colombe ou La Naissance de la pensée trône devant l’entrée du Palais. Conçue par Martial Raysse, elle fut façonnée par la fonderie Tesconi à Pietrasanta en province de Lucques dans la région Toscane.

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Le bureau du président est une pièce maîtresse. Le bureau meuble fut conçu pour le premier président du Conseil Économique, prix Nobel de la Paix en 1951, Léon Jouhaux. Deux tentures de la Manufacture des Gobelins, une tapisserie, un carton du peintre Jules Flandrin et une table en marbre vert complètent l’ensemble. La culture est la règle, l’art, l’exception disait Jean-Luc Godard.

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Le Président de la République a proposé le 3 juillet 2017 devant le Congrès une réforme du CESE. Il s’agit de redonner à la troisième assemblée constitutionnelle de France sa place dans la démocratie.

Questions adressées à Patrick Bernasoni, à la tête du CESE :

Quel est votre ressenti sur vos deux premières années de mandature en tant que président du Conseil Économique, Social & Environnemental ?

Patrick Bernasconi: Nous sommes arrivés avec un véritable projet collectif pour cette nouvelle mandature afin de réinstitutionnaliser ? Les lieux et de faire en sorte que le Conseil soit pleinement reconnu pour ce qu’il est, à savoir, un endroit l’on créé des consensus, où l’on montre l’acceptabilité d’une réforme de la part de la société de façon globale. Ce beau projet que l’on porte aujourd’hui commence à rentrer dans les idées des uns et des autres.

Nous sommes pleinement satisfaits de la position du président de la République qui s’est exprimé sur le CESE au mois de juillet, dans le sens que l’on souhaitait. Faire en sorte que demain le CESE soit ce trait d’union entre les pouvoirs publics et la société civile nous satisfait énormément puisque l’on se bat pour cela. On voit le CESE monter en puissance, il est de plus en plus reconnu, ses avis portent sur tous les sujets d’actualité, c’est une institution en pleine modernisation. Ce mouvement va encore s’accélérer du fait des réformes institutionnelles. Nous sommes très confiants pour l’avenir.

Dans ce sillon de l’impulsion présidentielle, quel est le chemin que vous comptez tracer pour la deuxième partie de votre mandat ?

PB: L’idée est de porter cette réforme selon différents axes. D’abord constituer la «Chambre du futur» selon les mots présidentiels, en donnant de l’ampleur à la fabrique de la loi, en ayant un regard porté davantage sur l’institution. Etre le lieu du débat public, en recensant beaucoup d’avis, y compris dans d’autres comités, et en constituant un lieu d’expression en relation avec les citoyens.

L’entrepreneuriat pour vous, c’est accompagner des individus dans une fréquence collective, créer de la richesse ou transformer la société ?

PB: C’est tout à la fois. Pour ma part j’ai souhaité être entrepreneur parce que je voulais être libre, maîtriser ma vie. Par la suite, on s’aperçoit qu’on n’est jamais aussi libre qu’on le veut bien. On rend toujours des comptes à quelqu’un. Etre entrepreneur c’est beaucoup plus que vouloir être libre, c’est porter un projet collectif, constituer des équipes, rassembler. Aujourd’hui de plus en plus d’entreprises, vous le dites vous-même, sont fortement ancrées dans la société, elles ont d’autres fonctions que vendre ou créer un produit. Il y a toutes ses dimensions dans les entreprises qui ont beaucoup évolué au fil des années.

Vous avez conservé un lien fort avec l’Italie ?

PB: Mon père est né Italie dans le Trentin, à Molina di Ledro, un très beau village au-dessus du lac de Ledro (à une heure de marche du lac de Garde). Il est arrivé très jeune en France. Mon grand-père est venu construire des citernes à cidre en béton armé dans le Cotentin comme pour la structure du Palais d’Iéna. Une histoire comme beaucoup l’ont vécu de maçons italiens venus créer leur entreprise dans la société française.

Les immigrés italiens parlaient souvent en disant : celui-là il est entrepreneur, c’est-à-dire il a une entreprise dans le bâtiment. Pourquoi la part du bâtiment dans l’entrepreneuriat des PME était-elle aussi forte ?

PB: Je crois qu’il y avait un savoir-faire important des immigrés italiens lorsqu’ils sont arrivés en France notamment dans le domaine du béton. Cela a constitué des opportunités de créer leur propre entreprise. Les immigrés en général sont portés par leur envie de réussir et développent leurs compétences.

Ho vistu che stan faccendo i travàggi di ampliamentu. E diffeti li in terra ghera sacchetti de cimentö, ferrö, eccetera, eccetera… Ûn de cûlli ricuveræ u ma dïttu :

  • Stia attento quando passa vicino a quel cemento.
  • Perché ?
  • E armato.

Roba da matti, Giuseppe Marzari, Genova, 1967.

Pour plus d’informations sur le Conseil Économique, Social & Environnemental:

Site: www.lecese.fr

Blog: loeilducese.fr

 


Cocadas

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Petites bouchées tirés d’une recette typique d’Amérique latine à base de lait concentré et de noix de coco. Servies dans la rue, leur trace remonte à 150 ans au Pérou. Un goût de paradis…

Dans une casserole sur feu doux, mélanger 200 g de poudre de noix de coco, 300 g de lait concentré sucré, 120 g de sucre et 20 g de beurre. Laisser épaissir une dizaine de minutes.

Laisser un peu refroidir et disposer l’appareil dans des moules en silicone de votre choix ou donner leur une forme de petits cônes avec les doigts ou un embout de poche à douille. Mettre au réfrégérateur pour 2 h environ.

Tremper la partie supérieure des cocadas dans une ganache épaisse en chauffant 50 g de crème liquide avec 100 g de chocolat noir environ. Remettre au réfrégérateur pour une dizaine d’heures.

Tud’ bem !

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Saùde !

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Fondant au chocolat de maman Guérard

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Chemiser un moule rond de 24 cm avec du beurre et de la farine sans surplus. Préchauffer le four à 120°.

Battre au fouet 9 jaunes avec 220 g de sucre roux afin d’obtenir un mélange bien blanchi. Ajouter 280 g de beurre fondu ainsi que 280 g de chocolat noir de votre goût (Valrhona…). Monter 5 blancs d’œufs en neige. Incorporer les blancs au premier mélange très délicatement en soulevant la masse.

Verser 80 % de l’appareil dans le moule et enfourner pour 45 mn.

Refroidir le gâteau sur une grille et le napper de l’appareil restant.

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Imaginer des petites décorations à votre goût et déguster ce merveilleux chowcake fondant sans farine !

#cibiamobenein2018


Le Prix Procope du livre de cuisine, La Voce n°98, décembre 2017

Les trois finalistes

Il a été dévoilé le 14 Novembre 2017 dans les salons du Procope, l’un des plus vieux cafés d’Europe, et plus vieux restaurant de Paris, installé au cœur du quartier de Saint-Germain-des-Prés depuis 1686. Il est l’œuvre d’un jeune palermitain plein d’appétit avec un certain goût littéraire.

Un foyer aux origines italiennes

En 1644, la fève de café est introduite en France à Marseille par des voyageurs venus des pays d’Orient. Il arrive à Paris dans des maisons très raffinées comme celle du gascon Maréchal de Gramont ou de l’abruzzais cardinal Giuglio Raimondo Mazzarino. C’est en 1672 que Pascal, un arménien, eu l’idée de créer une maison du café à la Foire Saint-Germain.

Francesco Procopio dei Coltelli est né à Palerme en 1650. Il arrive à Paris à l’âge de vingt-deux ans. Il trouve rapidement un emploi à la Foire Saint-Germain en servant le café chez Pascal. Il devint par la suite maître-distillateur limonadier. Il s’installe rue de Tournon où il compose et vend du café en grain, en poudre et en boisson.

Francesco Procopio rêve cependant d’un autre établissement que ceux qui existent à Paris où les cafés sont mal fréquentés. En 1686, lui échoit d’acquérir rue des Fossés saint-Germain un établissement de bain à l’enseigne du Saint Suaire de Turin et de louer les deux maisons voisines. Procopio va créer un cadre élégant et chic en s’inspirant du style transalpin. Il abat les cloisons et réunit les trois immeubles pour créer de vastes salles qu’il décore de dalles en noir et blanc. La réputation de l’endroit ne se fait pas attendre grâce aux talents multiples du maître. Il prépare de savants mélanges.

Procopio apprécie tant l’esprit et la culture française qu’il a demandé et obtenu la nationalité française et francisé son nom : François Procope Couteau.

Foyer de l’ancienne comédie

Le Procope est situé au 13, rue de l’Ancienne Comédie. Elle devient au début du XVIème siècle le chemin conduisant de la rivière de Seyne au Pré-aux-Clercs, lieu où se déroulaient de nombreux duels, cité dans la pièce de théâtre d’Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac. Ce n’est qu’en 1560 que ce chemin fut appelé rue des fossés-Saint-Germain. Au XVIIème elle devint la rue Neuve des Fossés et en 1689 rue de la Comédie en l’honneur du transfert de la Comédie Française au 14. Pour la première fois en France, une salle en hémicycle à la mode des salles italiennes était utilisée. Elle pouvait contenir 1500 spectateurs. L’inauguration de la troupe aura lieu avec Phèdre et le Médecin malgré lui. La rue de l’Ancienne Comédie tient son nom en l’honneur du théâtre des Comédiens Français après leur départ pour l’ancienne salle des machines aux Tuileries en 1770 aménagée en théâtre par Soufflot. Ils partirent pour l’actuel Odéon-Théâtre en 1782 puis en 1790 dans une dépendance du Palais-Royal. L’incendie de 1900 a engendré la reconstruction de la Maison de Molière en une des plus belles salles de Paris. On croise au Procope La Fontaine ou Racine.

Foyer des Lumières

Le Procope est un lieu au cours des XVIIème & XVIIIème siècle où l’on peut facilement converser et faire avances des idées et des théories. C’est un véritable berceau du journalisme et un vivier de la communication. A côté des salons, des clubs et des académies qui exigent cooptation et cotisations, au Procope « seul l’esprit tient lieu de carton d’invitation » disait Voltaire. Le Procope devient un café littéraire mais aussi politique. C’est le fils de François Procope, Alexandre, qui va reprendre l’établissement en perpétuant la tradition paternelle de lieu d’échanges de lieu d’échanges et d’idées nouvelles. Jean- Jacques Rousseau, Diderot ou Benjamin Franklin sont des habitués. Voltaire y a choisi le lieu de sa comédie « Le Caffé ou l’Écossaise », Beaumarchais y organise une fête pour la première du Mariage de Figaro au théâtre de l’Odéon.

Foyer révolutionnaire

Après avoir été racheté à deux reprises, le Procope tombe dans les mains de Zoppi, un italien comme son fondateur. On peut voir son enseigne à l’autre entrée du café, cour du Commerce-Saint-André. Zoppi accueille ses voisins, Danton, Marat qui avait son imprimerie au 39, Fabre d’Eglantine, le boucher Legendre et Camille Desmoulins qui définit ce Café par le souvenir des grands hommes. Déjà, et cela va continuer…

La courroie de transmission des révolutionnaires est le club des Cordeliers, animé par Danton & Marat en référence aux moines franciscains par opposition au club des Jacobins dont le nom vient des dominicains. Ils vont se retrouver chez Zoppi.

Le bonnet phrygien (coiffure des esclaves affranchis chez les Romains) y est exhibé pour la première fois. Les mots d’ordre pour l’attaque des Tuileries des 20 juin & 10 août 1792 partirent du Procope. La table que Voltaire utilisait sert d’autel votif lors du passage de ses cendres pour le Panthéon, en 1794, puis pour les cercueils de Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau et de Jean-Paul Marat, en route pour le temple des grands hommes.

Un jeune homme taciturne portant un costume de général et chaussé de bottes trop grandes y passe des heures mélancoliques. Il s’agissait de Bonaparte.

Foyer des Romantiques

George Sand, la madone des lettres et des cœurs et Alfred de Musset venaient au Procope accuser la société et défendre la souveraineté de l’amour. Victor Hugo y défendit la liberté dans l’art. Paul Verlaine, Théophile Gautier et Honoré de Balzac le fréquentèrent ainsi que Roger de Beauvoir, auteur d’une rareté, paru en 1834: Il Pulcinella et l’Homme des Madones, Paris Naples Rome. Le Procope avait retrouvé la fièvre de jadis.

Un jeune étudiant, tribun surdoué venait haranguer l’auditoire. Il s’agissait de Léon Gambetta (ci-dessous), ligure par son grand-père. Avocat et homme politique, c’est Auguste Bartholdi (d’origine germanique), auteur de la statue de la Liberté conçue par Gustave Eiffel à l’entrée du port de New-York et aide de camp du général à la chemise rouge, Giuseppe Garibaldi, qui signa un monument en son honneur à Sèvres. Son cœur fut transféré au Panthéon dans une urne de marbre rouge. Il y était déjà représenté dans une fresque du croisillon sud.

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Un foyer de Prix

Le Procope a été choisi pour la cérémonie de remise des Prix de l’Humour noir depuis 1954, et du prix Jean-Zay, depuis 2005.

Pour rendre hommage aux philosophes du siècle des Lumières, le groupe Frères Blanc a lancé en 2011, le prix Procope des Lumières, destiné à récompenser l’auteur d’un essai politique, philosophique ou sociétal, écrit en langue française et paru en librairie pendant l’année en cours. Le premier prix Procope des Lumières récompense, en 2012, Ruwen Ogien et son essai, L’Influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine paru chez Grasset.

Architecture et décoration

La façade, avec ses balcons en fer forgé, ainsi que la toiture correspondante, sont inscrit aux monuments historiques depuis 1962. Le papier peint, imprimé à la main, date de 1830 et arbore la première devise de la République : Liberté, Egalité. Les caryatides qui soutiennent les portes du Procope affirment leurs origines italiennes avec leurs masques vénitiens.

Le Procope fut mis en liquidation en 1987, c’est Jacques et Pierre Blanc qui en deviendront propriétaires jusqu’à aujourd’hui.

La Cuisine des cinq saisons de Pierre Gagnaire a reçu le premier prix Procope du livre de Cuisine Bourgeoise. Un ouvrage destiné non pas à simplifier la cuisine mais à rendre très accessible la cuisine du jazzman des fourneaux. Pierre Gagnaire surprend une fois de plus. L’influence du bel paese n’est pas en reste. En témoigne, un velouté de panais à la moutarde de Crémone, salade amère ou des gnocchoni de pois cassés aux cèpes, un velouté de châtaignes au café, œufs en neige, mortadelle, des carrés de burrata au suc de carottes, dattes fraîches et jambon de Parme. Enfin de raffinées langoustines terre de Sienne…

Un livre pour tous destiné à simplement aimer la cuisine.

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Les autres finalistes en lice pour le prix étaient Christophe Michalak avec tout Michalak et le très remarqué Tour de France des bonnes recettes des Éditions Ouest France représentées par les sémillants Catherine Jolivet-Goarin & Jérôme le Bihan.

Le jury du Prix Procope du livre de cuisine

Parmi l’aéropage de personnalités composant le jury du Prix, il y avait la captivante Gabrielle Lazure. Elle a tourné son premier film en Italie avec Massimo Ranieri, & Laura Antonelli, ainsi que dans La Belle captive de Alain Robbe-Grillet, La Crime de Philippe Labro, parmi une cinquantaine de films ou dans la série Versailles. Elle partage avec Pierre Gagnaire d’avoir été chanté par Alain Bashung.

Gabrielle Lazure dans le salon Diderot

Le savoureux Marc Lecarpentier tenait également le cap, président de l’association Mot & mots et directeur du Festival du Mot à la Charité-sur-Loire dans la Nièvre du 30 au 3 juin prochain.

Entre palais ducaux et palais buccaux, l’exquis Stéphane Bern, journaliste historien, du patrimoine & des villages, a tenu à s’adresser aux lecteurs de La Voce : » Le Procope est un lieu très inspirant. J’ai beaucoup tourné ici car c’est un lieu historique. Par ailleurs, j’apprécie beaucoup les cuisines françaises et italiennes. J’aime la blanquette et la choucroute. En Italie, j’adore un fromage comme le gorgonzola, j’aime également beaucoup creuser directement dans la meule de parmesan. La panna cotta aux framboises est mon péché mignon. Des préparations comme la skordaliá, l’aïoli grec ou la melitzanosalata, le caviar d’aubergines grec au goût fumé, sont mes madeleines dans la cuisine hellène. »

www.procope.com


Le Panthéon de Paris, magazine La Voce n°98, décembre 2017

Le Panthéon se dessine dans le relief parisien depuis 1757. D’où vient ce chef d’œuvre patrimonial et comment l’histoire et l’architecture classique romaine lui ont nourri une influence majeure.

HISTOIRE

Nécropole urbaine

La création des nécropoles urbaines remontent à l’ère étrusque, la civilisation précédent l’empire romain. Les nécropoles étrusques de Cerveteri et de Tarquinia, dans le Latium, sont inscrites au patrimoine de l’Unesco.

La nécropole proche de Cerveteri, comprend des milliers de tombes disposées selon un plan presque urbain, avec des quartiers, rues et petites places. Les tombes sont de divers types, tranchées creusées dans le roc, tumuli, ou d’autres taillées dans la roche en forme de cabane ou de maison avec un luxe de détails architecturaux. Elles constituent l’unique témoignage qui nous soit parvenu de l’architecture résidentielle étrusque.

La nécropole de Tarquinia, également appelée Monterozzi, contient 6000 tombes creusées dans la roche. Elle est célèbre pour ses 200 tombes peintes, dont les plus anciennes remontent au VIIe siècle avant J.C. Nombre d’entre elles comportent des bas-reliefs, tandis que d’autres renferment de remarquables peintures murales.

Ces deux grandes nécropoles étrusques reflètent différents types de rites funéraires entre le IXe et le Ier siècle avant J.C. et comptent parmi les plus beaux témoignages du monde étrusque.

En France, au XVIIIème siècle, le roi Louis XV, avait promis d’édifier une somptueuse église en l’honneur de Sainte-Geneviève s’il guérissait d’une terrible maladie. En bon homme politique, le bourbon émit une promesse qu’il ne pouvait pas tenir pas manque de moyens. Ainsi, il a organisé une souscription par loterie nationale. Une sorte de financement participatif bien avant l’heure.

Aux grands hommes la patrie reconnaissante

L’église Sainte-Geneviève fut conçue par Jacques-Germain Soufflot et son adjoint Jean Rondelet dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle. Trente ans plus tard, le 4 avril 1791, l’Assemblée constituante transforme l’église Sainte-Geneviève en Panthéon des grands hommes inscrit sur son fronton.

79 panthéonisés se trouvent dans la crypte. Parmi eux Mirabeau (le premier est ressorti comme Marat), Jean-Jacques Rousseau, Emile Zola, Victor Hugo, Jean Jaurès, Pierre & Marie Curie (première femme à pénétrer dans l’enceinte des grands hommes en 1995…).

Un éclairage particulier sur Jean Zay. Il fut avocat et ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts, député du Loiret et conseiller général, né le 6 août 1941 et assassiné politiquement par Charles Develle, un milicien le 20 juin 1944, et par la suite interpellé à Naples.

Pendant ses quarante-quatre mois au gouvernement du Front populaire, Jean Zay a institué: les trois degrés d’enseignement, le CNRS, le musée national des arts et traditions populaires, le musée d’Art moderne, la Réunion des théâtres lyriques nationaux, le festival de Cannes, la Cinémathèque Française… Les cendres de Jean Zay ont été transférées au Panthéon le 27 mai 2015.

Il reste 200 places libres dans les caveaux. C’est le Président de la République qui décide d’une panthéonisation.

Des cérémonies de panthéonisation célèbres

Voltaire

Alors que ses courtisans demandaient à Louis XVIII s’il était bien convenable de laisser la dépouille de l’anticlérical Voltaire dans un lieu rendu à sa fonction d’église, le roi répondit : « Laissez-le donc, il est bien assez puni d’avoir à entendre la messe tous les jours ». Un bon mot qui est passé à la postérité.

Le 10 juillet 1791 (treize ans après sa mort et deux ans après la Révolution française) la dépouille de Voltaire fut transférée au Panthéon, église récemment dédiée en hommage perpétuel aux grands hommes de la patrie. La nuit précédant le convoi funèbre, le cercueil fut placé dans les ruines de la Bastille, prison où avaient été détenus Voltaire et d’autres ennemis de l’Ancien régime. Le convoi s’achemina vers le Panthéon, le lendemain fut l’une des premières cérémonies révolutionnaires.

Le convoi funèbre était conduit par un détachement de cavaliers, suivi par les délégations, puis des ouvriers ayant pris part à la démolition de la Bastille, portant des boulets et des chaînes trouvés dans la prison. Quatre hommes en costume de théâtre classique soutenaient une statue dorée de Voltaire. Ensuite venait un coffre doré, contenant une édition complète de ses œuvres, en 92 volumes.

Un orchestre complet précédait le sarcophage, tiré par douze chevaux blancs. Les parois étaient décorées de masques de théâtre, avec cette sentence: « Poète, historien, philosophe, il agrandit l’esprit humain, et lui apprit à être libre. »

Le convoi s’arrêta à l’Opéra, à l’Ancienne et à la Nouvelle Comédie, et atteignit le Panthéon vers minuit.

Rouget de Lisle

Le conseil de Paris à l’unanimité, le 6 juillet, puis le conseil des Ministres du 10 juillet 1915, décident pour le 14 juillet une cérémonie au Panthéon pour le transfert des cendres de Rouget de L’Isle.

Cependant, il était nécessaire pour autoriser le transfert que le Parlement (assemblée nationale et Sénat) se réunisse pour approuver, or la guerre était là et le délai trop court. Les restes de Rouget de L’Isle seront transportés de Choisy-le-Roi à l’Arc de Triomphe, et aux Invalides.

Rouget de Lisle ne fut pas un soldat de métier (il a été intégré à l’armée comme la plupart des hommes de son époque), rien ne justifiait un transfert aux Invalides. Pourtant, c’est bien cette option qui fut choisie au dernier moment.

Le mercredi 14 juillet 1915, Poincaré raconte la cérémonie: « Donc c’est aux Invalides, et non pas au Panthéon, qu’ont été transportées les cendres de Rouget de L’Isle. Le ciel est bas et couvert. Il ventait assez frais et les avions français sillonnaient l’air, au-dessus des nuages, pour éloigner les tauben (avions allemands).

Je me rends en automobile, avec Viviani, à l’Arc de Triomphe. Foule nombreuse. Peu d’hommes naturellement. Quelques blessés. Des infirmières, des vieillards, des enfants. Sous l’Arc de Triomphe de l’Étoile, voici les cendres de Rouget de Lisle. Le cercueil est placé sur un fourgon de la première République, que décorent des drapeaux et que garde un piquet du génie. Quelques couplets de La Marseillaise sont chantés par Mme Delna. Puis le cortège se met en mouvement, descend les Champs-Élysées et gagne l’Esplanade par l’avenue Alexandre III. Encadré entre Dubost et Deschanel, je suis le char funèbre. L’attitude de la foule est très digne. Nous arrêtons dans la cour des Invalides et j’y lis mon discours légèrement remanié. Après y avoir brièvement rappelé la vie de Rouget de L’Isle et les circonstances dans lesquelles La Marseillaise a pris son vol à Strasbourg, je précise les responsabilités des empires du Centre dans la guerre qui nous a été déclarée (…). »

Depuis tout ce temps, Rouget de Lisle repose dans le caveau des gouverneurs aux Invalides, lieu non ouvert au public, « où il restera jusqu’à ce que soit votée la loi qui permettra de le transférer au Panthéon », Le Figaro du 15 juillet 1915.

En 1999, le député Georges Sarre proposa une loi visant le transfert des cendres de Rouget de Lisle au Panthéon. « La France n’a que trop tardé, disait-il, à célébrer la mémoire de cet homme. » 

Jean Moulin

Discours célébrissime d’André Malraux: « Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège », qui dure vingt minutes en tout où il rappelle la barbarie de la Seconde Guerre mondiale. Il est cité dans le film L’Exercice de l’Etat de Pierre Schoeller en 2011. Michel Blanc le directeur de cabinet du ministre des Transports récite par cœur le discours d’André Malraux en hommage à Jean Moulin.

ARCHITECTURE

D’emblée le Panthéon s’impose en majesté en haut de la montagne Sainte-Geneviève. On a coutume de parler de la place des grands hommes devant le parvis depuis la chanson de Patrick Bruel écrite par le comédien Bruno Garcin. En réalité c’est la place du Panthéon.

Le Panthéon de Paris s’inscrit dans la lignée des monuments classiques et néoclassiques à colonnade et coupole.

Panthéon de Rome, – 27 av JC, 43 m

Basilique Saint-Pierre, 1506-1626, 136 m

Villa Rotonda, 1566-1571

Cathédrale Saint-Paul, 1675-1710, 111 m

Panthéon de Paris, 1757-1790, 83 m

Capitole des Etats-Unis, 1793-1812, 88 m

Le Capitole est le siège du Congrès des Etats-Unis à 1.6 km de la Maison Blanche. Les plans de l’architecte Thornton s’inspiraient de la grande colonnade du Louvre et du Panthéon de Rome.

Pour les 24 colonnes de la salle de la Cour, Gilbert pensa que seul du marbre d’or et ivoire des carrières de Montarrenti près de Sienne en Italie pouvaient convenir. I écrivit même à Benito Mussolini en mai 1933, « pour demander son aide afin que soit garanti que les carrières de Sienne n’envoient rien de qualité inférieure à celle de l’échantillon de marbre officiel ».

National Gallery, 1824-1838

Cathédrale d’Helsinki, 1830-1852

Cathédrale Saint-Isaac, 1818-1858, 101 m

Palais de Justice de Bruxelles, 1866-1883, 116 m

Soufflot

L’ambition de Soufflot est de rivaliser avec Saint-Pierre de Rome et Saint-Paul à Londres. Afin de conduire son action, il va se rendre en Italie à plusieurs reprises et étudiera notamment l’église San Agostino à Piacenza. Comme à Rome la colonnade est surmontée d’un fronton triangulaire.

L’architecture néo-classique reprend la façade du Panthéon de Rome, surmontée d’un dôme qui s’inspire du Tempietto de l’église San Pietro in Montorio à Rome. C’est un chef-d’œuvre architectural de la Haute Renaissance réalisé par l’architecte et peintre Bramante des Etats-Pontificaux de la haute Renaissance. Bramante a été le maître et le protecteur de Raphaël. Il est l’auteur d’un projet, finalement non retenu, pour la basilique Saint-Pierre, en forme de croix grecque, aux quatre branches courtes d’égale longueur, pareil au choix de Soufflot pour le Panthéon. Cet élément de construction a ensuite été repris par les architectes néoclassiques du XIXe siècle pour des bâtiments officiels comme le Palais Brongniart.

Parmi les ouvriers qui ont participé à ce chantier, quantité venaient de la Creuse. La crypte couvre toute la surface de l’édifice. Elle est constituée de quatre galeries, chacune sous les bras de la nef. Elle n’est pas véritablement enterrée comme une cave puisque des fenêtres, en haut de chaque galerie, s’ouvrent sur l’extérieur.

On pénètre dans la crypte par une salle décorée de colonnes doriques (en référence au temple de Neptune à Paestum). En avançant, on découvre, au centre du bâtiment, la vaste salle voûtée de forme circulaire et la petite pièce centrale, située juste sous le dôme. Les dimensions de la crypte font qu’elle paraît fort vaste.

De l’intérieur, on peut voir une coupole à caissons, ouverte au centre par un oculus (ouverture ronde comme à Rome). Il s’agit en fait d’une triple coupole que Soufflot a réussi avec génie.

Le fronton triangulaire

Il est spectaculaire et il incombe à David d’Angers. Ce fronton représente la République (au centre) donnant la Liberté et protégeant à sa gauche les Sciences – représentées par de nombreux grands savants (François-Xavier Bichat, Berthollet, Gaspard Monge, Laplace…), philosophes (Voltaire, Jean-Jacques Rousseau…), écrivains (Fénelon, Pierre Corneille…) et artistes (Jacques-Louis David…) et à sa droite l’Histoire représentée par les grands personnages de l’État (Napoléon Bonaparte…) et étudiants de l’École polytechnique.

Le premier fronton fut réalisé en 1774 par le sculpteur Nicolas Coustou. Il représentait un bas-relief surnommé L’Adoration de la Croix, où des chérubins et anges entouraient une croix flamboyante.

Le 1er août 1791, l’assemblée ordonna qu’à la place de l’inscription latine du fronton soit gravé « Aux grands Hommes la Patrie Reconnaissante », puis il fut décidé de remplacer le bas-relief par une œuvre plus conforme aux idéaux révolutionnaires. Désormais, une femme debout couronne les vertus civiques et guerrières, d’une main sur une Vierge et de l’autre sur un génie ailé.

En 1815, Louis XVIII marque le retour de la monarchie en France, laquelle souhaite réaffirmer l’importance de l’église catholique en rendant l’intégralité du Panthéon au culte. Le Panthéon est même renommé Église Sainte-Geneviève. Et il fut décidé de supprimer le fronton (voilé depuis 1806) et de remplacer l’ancienne inscription, « Aux Grands Hommes la Patrie Reconnaissante » laisse sa place à « D.O.M. sub invocat. S. Genovefae. Lud. XV dicavit. Lud. XVIII restituit ». Il sera proposé dans un premier temps de christianiser» le précédent fronton. Mais finalement, l’architecte Louis-Pierre Baltard (le père de Victor, créateur des pavillons des halles) réalisera une œuvre totalement nouvelle, par l’édification au sommet du lanterneau d’une grande croix rayonnante.

En 1830, le nouveau régime de Louis-Philippe d’Orléans souhaite afficher son lien avec la Révolution. L’un de ses premiers actes est de rebaptiser Sainte-Geneviève en Panthéon, et inscrire à nouveau sur la façade du monument Aux grands hommes la patrie reconnaissante ! Ce qui a pour effet de remettre en cause la cohérence de la croix flamboyante de Baltard n’a plus aucun rapport avec la vocation du bâtiment d’accueillir à nouveau les grands hommes de la patrie. C’est le sculpteur David d’Angers qui aura en charge ce quatrième fronton, dont le thème sera La Patrie distribuant aux grands hommes, civils et militaires, des couronnes que lui tend la liberté tandis que l’histoire inscrit leur nom. Le fronton sera inauguré le 31 août 1837, succédant à ceux de Coustou, Moitte et Baltard. C’est ce quatrième et dernier fronton qui est parvenu jusqu’à nous aujourd’hui.

Programme interne

À partir de 1874, des peintures sur toiles marouflées illustrant l’histoire de Sainte- Geneviève et l’épopée des origines chrétiennes et monarchiques de la France viennent orner le sanctuaire.

De grandioses peintures d’histoires datant du XIXème siècle, le pape Pie III sacrant Charlemagne à Saint-Pierre de Rome, l’histoire de Jeanne d’Arc…

Sculptures monumentales comme celle de Paul Landovsky, créateur du Christ du Corcovado à Rio de Janeiro… Pendule géant de Foucault, maquette de Soufflot et Rondelet…

Un Panthéon européen ?

En 2017, devant les poussées nationalistes européennes, une réflexion s’engage sur la possibilité de créer un Panthéon européen afin de consolider les valeurs du vieux continents en cristallisant la mémoire collective. Emerge l’idée d’un lieu permettant la sacralisation de son histoire avec les acteurs de la réconciliation continentale. Des personnalités comme Jean Monnet, Richard Coudenhove-Kalergi, Simone Veil ou Helmut Kohl pourraient y trouver place.

En Europe, avec le Panthéon de Rome, le Panthéon national du Portugal (Panteão Nacional) est le monument le plus proche du Panthéon de Paris par son histoire et sa destination. Il se trouve dans la paroisse de São Vicente de Fora à Lisbonne. L’église existe depuis 1568 mais l’édifice religieux prit sa fonction de panthéon en 1916. Amália Rodrigues (1920-1999), la plus célèbre chanteuse de fado y est enterrée.

Rénovation

Le Dôme et les parties hautes ont bénéficié les premiers de la campagne de rénovation à 12 millions d’euros engagés par le Centre des Monuments Nationaux.

Le Panthéon de Paris dans sa valeur emblématique n’est pas sourd aux injonctions de l’air du temps. Une nouvelle scénographie comprenant des instruments de médiation avec un nouvel éclairage et des écrans tactiles sera complétée par des bornes audio ainsi que des parcours de visites (grands hommes, révolution…).

Les italiens sont les premiers des 75 % de visiteurs étrangers parmi les 750 000 visiteurs annuels à nourrir leur confiance dans le mystère du Panthéon avec la visite des énigmes internes et la plus belle vue centrale de Paris à 360° depuis le dôme.

Art & actualités

Le panthéon a connu une intervention publique de l’énigmatique photographe-artiste parisien JR en 2015. L’acrobate, acteur, jongleur, danseur Yoann Bourgeois issu de l’école du cirque plume, a proposé un spectacle déambulatoire autour de la nef. Fixé au point le plus haut de la coupole, le célèbre pendule de Foucault sert également de support au travail du chorégraphe sur le mouvement et l’équilibre.

Marie Curie

Une toute nouvelle exposition « Marie Curie, une femme au Panthéon », aura lieu du 8 novembre 2017 au 4 mars 2018 à l’occasion du 150ème anniversaire de sa naissance.

En 1995, Marie Curie devient la première femme à entrer au Panthéon pour ses propres mérites. Reconnue comme l’une des plus grandes savantes de son époque, elle est devenue aujourd’hui la scientifique la plus célèbre au monde, et laisse derrière elle un héritage incontournable.

Archives, instruments scientifiques, documents d’époque et effets personnels invitent à pénétrer l’univers de la scientifique. La visite cheminera dans les coulisses de l’Institut du Radium, devenu Institut Curie. Elle se poursuivra dans la crypte au caveau VIII où reposent Marie et Pierre Curie. La dernière étape de la visite du se situera au Musée Curie à 5 minutes à pied du Panthéon, rue Pierre et Marie Curie. Le commissariat de l’exposition est assuré par Nathalie Huchette et Renaud Huynh du musée Curie.

Une autre femme au Panthéon, Simone Veil & Antoine Veil

C’est la prochaine personnalité à entrer au Panthéon avec son mari le 1er juillet 2018. Femme d’Etat, ministre de la Santé dans les gouvernements Chirac, Barre et Balladur, présidente du Parlement Européen. Elle s’est éteinte le 30 juin 2017 et ses derniers mots auront été : Merci.

Le Panthéon vu par Edgar Quinet, 1883

www.paris-pantheon.fr

 


Zymo mag, samedi 14 octobre 2017

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