Le Panthéon de Paris, magazine La Voce n°98, décembre 2017

Le Panthéon se dessine dans le relief parisien depuis 1757. D’où vient ce chef d’œuvre patrimonial et comment l’histoire et l’architecture classique romaine lui ont nourri une influence majeure.

HISTOIRE

Nécropole urbaine

La création des nécropoles urbaines remontent à l’ère étrusque, la civilisation précédent l’empire romain. Les nécropoles étrusques de Cerveteri et de Tarquinia, dans le Latium, sont inscrites au patrimoine de l’Unesco.

La nécropole proche de Cerveteri, comprend des milliers de tombes disposées selon un plan presque urbain, avec des quartiers, rues et petites places. Les tombes sont de divers types, tranchées creusées dans le roc, tumuli, ou d’autres taillées dans la roche en forme de cabane ou de maison avec un luxe de détails architecturaux. Elles constituent l’unique témoignage qui nous soit parvenu de l’architecture résidentielle étrusque.

La nécropole de Tarquinia, également appelée Monterozzi, contient 6000 tombes creusées dans la roche. Elle est célèbre pour ses 200 tombes peintes, dont les plus anciennes remontent au VIIe siècle avant J.C. Nombre d’entre elles comportent des bas-reliefs, tandis que d’autres renferment de remarquables peintures murales.

Ces deux grandes nécropoles étrusques reflètent différents types de rites funéraires entre le IXe et le Ier siècle avant J.C. et comptent parmi les plus beaux témoignages du monde étrusque.

En France, au XVIIIème siècle, le roi Louis XV, avait promis d’édifier une somptueuse église en l’honneur de Sainte-Geneviève s’il guérissait d’une terrible maladie. En bon homme politique, le bourbon émit une promesse qu’il ne pouvait pas tenir pas manque de moyens. Ainsi, il a organisé une souscription par loterie nationale. Une sorte de financement participatif bien avant l’heure.

Aux grands hommes la patrie reconnaissante

L’église Sainte-Geneviève fut conçue par Jacques-Germain Soufflot et son adjoint Jean Rondelet dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle. Trente ans plus tard, le 4 avril 1791, l’Assemblée constituante transforme l’église Sainte-Geneviève en Panthéon des grands hommes inscrit sur son fronton.

79 panthéonisés se trouvent dans la crypte. Parmi eux Mirabeau (le premier est ressorti comme Marat), Jean-Jacques Rousseau, Emile Zola, Victor Hugo, Jean Jaurès, Pierre & Marie Curie (première femme à pénétrer dans l’enceinte des grands hommes en 1995…).

Un éclairage particulier sur Jean Zay. Il fut avocat et ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts, député du Loiret et conseiller général, né le 6 août 1941 et assassiné politiquement par Charles Develle, un milicien le 20 juin 1944, et par la suite interpellé à Naples.

Pendant ses quarante-quatre mois au gouvernement du Front populaire, Jean Zay a institué: les trois degrés d’enseignement, le CNRS, le musée national des arts et traditions populaires, le musée d’Art moderne, la Réunion des théâtres lyriques nationaux, le festival de Cannes, la Cinémathèque Française… Les cendres de Jean Zay ont été transférées au Panthéon le 27 mai 2015.

Il reste 200 places libres dans les caveaux. C’est le Président de la République qui décide d’une panthéonisation.

Des cérémonies de panthéonisation célèbres

Voltaire

Alors que ses courtisans demandaient à Louis XVIII s’il était bien convenable de laisser la dépouille de l’anticlérical Voltaire dans un lieu rendu à sa fonction d’église, le roi répondit : « Laissez-le donc, il est bien assez puni d’avoir à entendre la messe tous les jours ». Un bon mot qui est passé à la postérité.

Le 10 juillet 1791 (treize ans après sa mort et deux ans après la Révolution française) la dépouille de Voltaire fut transférée au Panthéon, église récemment dédiée en hommage perpétuel aux grands hommes de la patrie. La nuit précédant le convoi funèbre, le cercueil fut placé dans les ruines de la Bastille, prison où avaient été détenus Voltaire et d’autres ennemis de l’Ancien régime. Le convoi s’achemina vers le Panthéon, le lendemain fut l’une des premières cérémonies révolutionnaires.

Le convoi funèbre était conduit par un détachement de cavaliers, suivi par les délégations, puis des ouvriers ayant pris part à la démolition de la Bastille, portant des boulets et des chaînes trouvés dans la prison. Quatre hommes en costume de théâtre classique soutenaient une statue dorée de Voltaire. Ensuite venait un coffre doré, contenant une édition complète de ses œuvres, en 92 volumes.

Un orchestre complet précédait le sarcophage, tiré par douze chevaux blancs. Les parois étaient décorées de masques de théâtre, avec cette sentence: « Poète, historien, philosophe, il agrandit l’esprit humain, et lui apprit à être libre. »

Le convoi s’arrêta à l’Opéra, à l’Ancienne et à la Nouvelle Comédie, et atteignit le Panthéon vers minuit.

Rouget de Lisle

Le conseil de Paris à l’unanimité, le 6 juillet, puis le conseil des Ministres du 10 juillet 1915, décident pour le 14 juillet une cérémonie au Panthéon pour le transfert des cendres de Rouget de L’Isle.

Cependant, il était nécessaire pour autoriser le transfert que le Parlement (assemblée nationale et Sénat) se réunisse pour approuver, or la guerre était là et le délai trop court. Les restes de Rouget de L’Isle seront transportés de Choisy-le-Roi à l’Arc de Triomphe, et aux Invalides.

Rouget de Lisle ne fut pas un soldat de métier (il a été intégré à l’armée comme la plupart des hommes de son époque), rien ne justifiait un transfert aux Invalides. Pourtant, c’est bien cette option qui fut choisie au dernier moment.

Le mercredi 14 juillet 1915, Poincaré raconte la cérémonie: « Donc c’est aux Invalides, et non pas au Panthéon, qu’ont été transportées les cendres de Rouget de L’Isle. Le ciel est bas et couvert. Il ventait assez frais et les avions français sillonnaient l’air, au-dessus des nuages, pour éloigner les tauben (avions allemands).

Je me rends en automobile, avec Viviani, à l’Arc de Triomphe. Foule nombreuse. Peu d’hommes naturellement. Quelques blessés. Des infirmières, des vieillards, des enfants. Sous l’Arc de Triomphe de l’Étoile, voici les cendres de Rouget de Lisle. Le cercueil est placé sur un fourgon de la première République, que décorent des drapeaux et que garde un piquet du génie. Quelques couplets de La Marseillaise sont chantés par Mme Delna. Puis le cortège se met en mouvement, descend les Champs-Élysées et gagne l’Esplanade par l’avenue Alexandre III. Encadré entre Dubost et Deschanel, je suis le char funèbre. L’attitude de la foule est très digne. Nous arrêtons dans la cour des Invalides et j’y lis mon discours légèrement remanié. Après y avoir brièvement rappelé la vie de Rouget de L’Isle et les circonstances dans lesquelles La Marseillaise a pris son vol à Strasbourg, je précise les responsabilités des empires du Centre dans la guerre qui nous a été déclarée (…). »

Depuis tout ce temps, Rouget de Lisle repose dans le caveau des gouverneurs aux Invalides, lieu non ouvert au public, « où il restera jusqu’à ce que soit votée la loi qui permettra de le transférer au Panthéon », Le Figaro du 15 juillet 1915.

En 1999, le député Georges Sarre proposa une loi visant le transfert des cendres de Rouget de Lisle au Panthéon. « La France n’a que trop tardé, disait-il, à célébrer la mémoire de cet homme. » 

Jean Moulin

Discours célébrissime d’André Malraux: « Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège », qui dure vingt minutes en tout où il rappelle la barbarie de la Seconde Guerre mondiale. Il est cité dans le film L’Exercice de l’Etat de Pierre Schoeller en 2011. Michel Blanc le directeur de cabinet du ministre des Transports récite par cœur le discours d’André Malraux en hommage à Jean Moulin.

ARCHITECTURE

D’emblée le Panthéon s’impose en majesté en haut de la montagne Sainte-Geneviève. On a coutume de parler de la place des grands hommes devant le parvis depuis la chanson de Patrick Bruel écrite par le comédien Bruno Garcin. En réalité c’est la place du Panthéon.

Le Panthéon de Paris s’inscrit dans la lignée des monuments classiques et néoclassiques à colonnade et coupole.

Panthéon de Rome, – 27 av JC, 43 m

Basilique Saint-Pierre, 1506-1626, 136 m

Villa Rotonda, 1566-1571

Cathédrale Saint-Paul, 1675-1710, 111 m

Panthéon de Paris, 1757-1790, 83 m

Capitole des Etats-Unis, 1793-1812, 88 m

Le Capitole est le siège du Congrès des Etats-Unis à 1.6 km de la Maison Blanche. Les plans de l’architecte Thornton s’inspiraient de la grande colonnade du Louvre et du Panthéon de Rome.

Pour les 24 colonnes de la salle de la Cour, Gilbert pensa que seul du marbre d’or et ivoire des carrières de Montarrenti près de Sienne en Italie pouvaient convenir. I écrivit même à Benito Mussolini en mai 1933, « pour demander son aide afin que soit garanti que les carrières de Sienne n’envoient rien de qualité inférieure à celle de l’échantillon de marbre officiel ».

National Gallery, 1824-1838

Cathédrale d’Helsinki, 1830-1852

Cathédrale Saint-Isaac, 1818-1858, 101 m

Palais de Justice de Bruxelles, 1866-1883, 116 m

Soufflot

L’ambition de Soufflot est de rivaliser avec Saint-Pierre de Rome et Saint-Paul à Londres. Afin de conduire son action, il va se rendre en Italie à plusieurs reprises et étudiera notamment l’église San Agostino à Piacenza. Comme à Rome la colonnade est surmontée d’un fronton triangulaire.

L’architecture néo-classique reprend la façade du Panthéon de Rome, surmontée d’un dôme qui s’inspire du Tempietto de l’église San Pietro in Montorio à Rome. C’est un chef-d’œuvre architectural de la Haute Renaissance réalisé par l’architecte et peintre Bramante des Etats-Pontificaux de la haute Renaissance. Bramante a été le maître et le protecteur de Raphaël. Il est l’auteur d’un projet, finalement non retenu, pour la basilique Saint-Pierre, en forme de croix grecque, aux quatre branches courtes d’égale longueur, pareil au choix de Soufflot pour le Panthéon. Cet élément de construction a ensuite été repris par les architectes néoclassiques du XIXe siècle pour des bâtiments officiels comme le Palais Brongniart.

Parmi les ouvriers qui ont participé à ce chantier, quantité venaient de la Creuse. La crypte couvre toute la surface de l’édifice. Elle est constituée de quatre galeries, chacune sous les bras de la nef. Elle n’est pas véritablement enterrée comme une cave puisque des fenêtres, en haut de chaque galerie, s’ouvrent sur l’extérieur.

On pénètre dans la crypte par une salle décorée de colonnes doriques (en référence au temple de Neptune à Paestum). En avançant, on découvre, au centre du bâtiment, la vaste salle voûtée de forme circulaire et la petite pièce centrale, située juste sous le dôme. Les dimensions de la crypte font qu’elle paraît fort vaste.

De l’intérieur, on peut voir une coupole à caissons, ouverte au centre par un oculus (ouverture ronde comme à Rome). Il s’agit en fait d’une triple coupole que Soufflot a réussi avec génie.

Le fronton triangulaire

Il est spectaculaire et il incombe à David d’Angers. Ce fronton représente la République (au centre) donnant la Liberté et protégeant à sa gauche les Sciences – représentées par de nombreux grands savants (François-Xavier Bichat, Berthollet, Gaspard Monge, Laplace…), philosophes (Voltaire, Jean-Jacques Rousseau…), écrivains (Fénelon, Pierre Corneille…) et artistes (Jacques-Louis David…) et à sa droite l’Histoire représentée par les grands personnages de l’État (Napoléon Bonaparte…) et étudiants de l’École polytechnique.

Le premier fronton fut réalisé en 1774 par le sculpteur Nicolas Coustou. Il représentait un bas-relief surnommé L’Adoration de la Croix, où des chérubins et anges entouraient une croix flamboyante.

Le 1er août 1791, l’assemblée ordonna qu’à la place de l’inscription latine du fronton soit gravé « Aux grands Hommes la Patrie Reconnaissante », puis il fut décidé de remplacer le bas-relief par une œuvre plus conforme aux idéaux révolutionnaires. Désormais, une femme debout couronne les vertus civiques et guerrières, d’une main sur une Vierge et de l’autre sur un génie ailé.

En 1815, Louis XVIII marque le retour de la monarchie en France, laquelle souhaite réaffirmer l’importance de l’église catholique en rendant l’intégralité du Panthéon au culte. Le Panthéon est même renommé Église Sainte-Geneviève. Et il fut décidé de supprimer le fronton (voilé depuis 1806) et de remplacer l’ancienne inscription, « Aux Grands Hommes la Patrie Reconnaissante » laisse sa place à « D.O.M. sub invocat. S. Genovefae. Lud. XV dicavit. Lud. XVIII restituit ». Il sera proposé dans un premier temps de christianiser» le précédent fronton. Mais finalement, l’architecte Louis-Pierre Baltard (le père de Victor, créateur des pavillons des halles) réalisera une œuvre totalement nouvelle, par l’édification au sommet du lanterneau d’une grande croix rayonnante.

En 1830, le nouveau régime de Louis-Philippe d’Orléans souhaite afficher son lien avec la Révolution. L’un de ses premiers actes est de rebaptiser Sainte-Geneviève en Panthéon, et inscrire à nouveau sur la façade du monument Aux grands hommes la patrie reconnaissante ! Ce qui a pour effet de remettre en cause la cohérence de la croix flamboyante de Baltard n’a plus aucun rapport avec la vocation du bâtiment d’accueillir à nouveau les grands hommes de la patrie. C’est le sculpteur David d’Angers qui aura en charge ce quatrième fronton, dont le thème sera La Patrie distribuant aux grands hommes, civils et militaires, des couronnes que lui tend la liberté tandis que l’histoire inscrit leur nom. Le fronton sera inauguré le 31 août 1837, succédant à ceux de Coustou, Moitte et Baltard. C’est ce quatrième et dernier fronton qui est parvenu jusqu’à nous aujourd’hui.

Programme interne

À partir de 1874, des peintures sur toiles marouflées illustrant l’histoire de Sainte- Geneviève et l’épopée des origines chrétiennes et monarchiques de la France viennent orner le sanctuaire.

De grandioses peintures d’histoires datant du XIXème siècle, le pape Pie III sacrant Charlemagne à Saint-Pierre de Rome, l’histoire de Jeanne d’Arc…

Sculptures monumentales comme celle de Paul Landovsky, créateur du Christ du Corcovado à Rio de Janeiro… Pendule géant de Foucault, maquette de Soufflot et Rondelet…

Un Panthéon européen ?

En 2017, devant les poussées nationalistes européennes, une réflexion s’engage sur la possibilité de créer un Panthéon européen afin de consolider les valeurs du vieux continents en cristallisant la mémoire collective. Emerge l’idée d’un lieu permettant la sacralisation de son histoire avec les acteurs de la réconciliation continentale. Des personnalités comme Jean Monnet, Richard Coudenhove-Kalergi, Simone Veil ou Helmut Kohl pourraient y trouver place.

En Europe, avec le Panthéon de Rome, le Panthéon national du Portugal (Panteão Nacional) est le monument le plus proche du Panthéon de Paris par son histoire et sa destination. Il se trouve dans la paroisse de São Vicente de Fora à Lisbonne. L’église existe depuis 1568 mais l’édifice religieux prit sa fonction de panthéon en 1916. Amália Rodrigues (1920-1999), la plus célèbre chanteuse de fado y est enterrée.

Rénovation

Le Dôme et les parties hautes ont bénéficié les premiers de la campagne de rénovation à 12 millions d’euros engagés par le Centre des Monuments Nationaux.

Le Panthéon de Paris dans sa valeur emblématique n’est pas sourd aux injonctions de l’air du temps. Une nouvelle scénographie comprenant des instruments de médiation avec un nouvel éclairage et des écrans tactiles sera complétée par des bornes audio ainsi que des parcours de visites (grands hommes, révolution…).

Les italiens sont les premiers des 75 % de visiteurs étrangers parmi les 750 000 visiteurs annuels à nourrir leur confiance dans le mystère du Panthéon avec la visite des énigmes internes et la plus belle vue centrale de Paris à 360° depuis le dôme.

Art & actualités

Le panthéon a connu une intervention publique de l’énigmatique photographe-artiste parisien JR en 2015. L’acrobate, acteur, jongleur, danseur Yoann Bourgeois issu de l’école du cirque plume, a proposé un spectacle déambulatoire autour de la nef. Fixé au point le plus haut de la coupole, le célèbre pendule de Foucault sert également de support au travail du chorégraphe sur le mouvement et l’équilibre.

Marie Curie

Une toute nouvelle exposition « Marie Curie, une femme au Panthéon », aura lieu du 8 novembre 2017 au 4 mars 2018 à l’occasion du 150ème anniversaire de sa naissance.

En 1995, Marie Curie devient la première femme à entrer au Panthéon pour ses propres mérites. Reconnue comme l’une des plus grandes savantes de son époque, elle est devenue aujourd’hui la scientifique la plus célèbre au monde, et laisse derrière elle un héritage incontournable.

Archives, instruments scientifiques, documents d’époque et effets personnels invitent à pénétrer l’univers de la scientifique. La visite cheminera dans les coulisses de l’Institut du Radium, devenu Institut Curie. Elle se poursuivra dans la crypte au caveau VIII où reposent Marie et Pierre Curie. La dernière étape de la visite du se situera au Musée Curie à 5 minutes à pied du Panthéon, rue Pierre et Marie Curie. Le commissariat de l’exposition est assuré par Nathalie Huchette et Renaud Huynh du musée Curie.

Une autre femme au Panthéon, Simone Veil & Antoine Veil

C’est la prochaine personnalité à entrer au Panthéon avec son mari le 1er juillet 2018. Femme d’Etat, ministre de la Santé dans les gouvernements Chirac, Barre et Balladur, présidente du Parlement Européen. Elle s’est éteinte le 30 juin 2017 et ses derniers mots auront été : Merci.

Le Panthéon vu par Edgar Quinet, 1883

www.paris-pantheon.fr

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :