Archives de Catégorie: Les feuilles de chou

Antithèses VII

Le printemps est sacré. Célébrons et clorons ce septennat d’Evviva la Pappa ! sans chlore pour le futur. De chaleureux moments passés dans les studios d’Aligre fm, tartes & trattorias ont jalonné ce millésime ainsi que des airs d’accordéon dans la tête et dans les doigts, notamment des plus que ponctuations musicales dans le spectacle d’Alberto Toscano et du magazine Historia. Vie, va là, pas à pas !

Tac ou tact
Guetter ou gaîté
Marche ou rêve
Formateur ou formaté

Sens ou sensationnel
Emotion ou raison
Gloire ou reconnaissance
Caractère ou situation

Nice ou vice
Jardin minéral ou jardin végétal
Intensif ou extensif
Recul ou moindre mal

Tabou ou totem
Diluer ou concentré
Opposition ou proposition
Douter ou redouter

Crème de la crème ou écume des choses
Spectateur ou visionnaire
Inné ou acquis
Esprit ou matière

Etat ou étau
Retard ou raté
Cause ou effet
Allié ou aligné

Précaution ou risque
Curatif ou préventif
En pleurs ou ampleur
Nutritif ou gustatif

Au bout du monde ou au bout du chemin
Une autre liberté ou la liberté de choisir
Intelligence émotionnelle ou bêtise intellectuelle
Rêve d’avant ou rêve d’avenir

Flambeur ou ascète
Napolitain ou tripolitain
Mère Teresa ou Teresa May
Mourir de faim ou vivre comme un chien

Offre ou demande
Contenter ou contrarier
Sursaut ou sursis
Être aimé ou être possédé

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Cappuccino, Aligre fm, dimanche 6 janvier 2019

Au  programme  dans  Cappuccino sur Aligre fm, les plus belles Fiat de 1960 à 1990 de Patrick Vergès & Nicolas Delpierre, L’Italie abandonnée du photographe Robin Brinaert, la BD François de Arnaud Delalande, Laurent Bidot & Yvon Bertorello, vidéos, avec La Morte a fatto l’uovo de Giulio Questi avec Jean-Louis Trintignant & Gina Lollobrigida, Six femmes pour l’assassin de Mario Bava, Pierre Richard reentre à Grévin, trois nouveaux hôtels-restaurants-bars Relais & Châteaux en Italie, record pour une truffe blanche d’Alba… luxes et voluptés alle 9,30 in diretta, dritti nei stivali per 2019 !

http://www.aligre-cappuccino.fr/inv2019.htm

 

Hôtels

Ingrédient

Livres

Vidéo

Expo-musée

 

HÔTELS-RESTAURANTS-BARS

Trois nouvelles intronisations pour l’association Relais & Châteaux vice-présidée par Olivier Rollinger

Restaurant Le Calandre, Rubano (Italie) – 3 étoiles guide Michelin

Histoire de famille

Créé en 1981 par deux passionnés de cuisine, Erminio Alajmo et sa femme Rita Chimetto, Le Calandre est aujourd’hui dirigé par leurs deux fils, Raf et Max. Après avoir travaillé dans les cuisines d’Alfredo Chiocchetti, Marc Veyrat et Michel Guérard, Massimiliano (Max) Alajmo devient le chef du Calandre en 1994.

Il se voit attribuer trois étoiles par le Guide Michelin neuf ans plus tard. Une adresse incontournable avec une cuisine extrêmement créative pour le restaurant emblématique de la famille Alajmo.

Menu à partir de 175 € (Il Quadrino, Margherita 16, Lasagne bolognese 20)

Ristorante Le Calandre

Via Liguria 1

I-35030, Sarmeola di Rubano, Padova

http://www.relaischateaux.com/calandre

 

Restaurant Quadri, Venezia (Italie) – 1 étoile guide Michelin

 Trésor vénitien et autre propriété du groupe Alajmo, le restaurant Quadri se situe au cœur de l’un des plus beaux anciens cafés de Venise, jouissant d’une vue unique sur la place Saint-Marc. Dans un décor poétique de Philippe Starck, la cuisine vénitienne du chef Silvio Giavedoni.

Ristorante Quadri

Piazza San Marco 121 (primo piano)

30124, Venezia

http://www.relaischateaux.com/quadri

Hotel Plaza de Russie, Viareggio (Italie) – ouverture en juin 2019

« Dans les pas de la noblesse russe érige en 1874, avec une vue sur la mer, dans le cœur historique de la ville, l’Hôtel Plaza e de Russie a été le premier hôtel à ouvrir ses portes à Viareggio. Il accueillait autrefois la noblesse russe, qui passait ses vacances à la plage de la Versilia. Des eaux cristallines de l’île d’Elbe aux Cinque Terre en passant par les villages médiévaux aux alentours, sa localisation permet aux visiteurs de découvrir en peu de temps une région pleine de charme. L’hôtel, décoré de lustres de Murano et de meubles anciens, dispose de quarante-quatre chambres élégantes et d’un restaurant panoramique (le Lunasia, récompensé par une étoile Michelin). La cuisine méditerranéenne et gastronomique du chef Luca Landi fait la part belle aux fruits de mer et aux ingrédients locaux et de saison. »

Hotel Plaza de Russie

Piazza Massimo d’Azeglio, 1

55049, Viareggio

https://www.relaischateaux.com/us/italy/plaza-de-russie-viareggio

Réouverture Paris

Depuis plus de 100 ans, le Grand Powers, situé à l’angle des rues François 1er et Pierre Charon dans le 8ème arrondissement de Paris abrite des histoires partagées avec des voyageurs du monde entier. Après une totale métamorphose, le nouveau boutique hôtel 5 étoiles luxe, doté de 50 chambres et suites, d’un restaurant et d’un Spa se révélera le 4 janvier 2019.

Le Grand Powers se situe dans un bâtiment d’angle d’architecture haussmannienne du début du siècle (façade en pierre de taille, marquise majestueuse, oriels…). Main dans la main, Alexandra Marang propriétaire de l’hôtel et Artefak cabinet d’architecture (Vincent Bastie & Arnaud Bezhadi), ont choisi de décliner sur les 6 étages de l’hôtel une atmosphère douce et feutrée, donnée par les tonalités de rose poudré, bleu ou céladon.

« Au coeur d’un Triangle d’Or en pleine ébullition et en pleine réinvention, le Grand Powers abrite son restaurant, le Café 52 qui propose une cuisine à l’esprit «snacking de luxe»: une cuisine fraîche, «healthy », raffinée mais pas compliquée savamment orchestrée par le chef Maxime Raab, qui s’est précédemment illustré au Fouquet’s. »

De nouvelles sensations pour ceux qui viennent chercher l’élégance: la sensualité italienne, le chic parisien, le cosy anglo-saxon.

Hôtel Grand Powers

52, rue Francois 1er

75008 Paris

www.hotelgrandpowersparis.com

 

TRUFFE BLANCHE D’ALBA

Les meilleurs spécimens de truffe blanche d’Alba ont été envoyés aux enchères lors de la XIXe édition de la vente aux enchères de la truffe blanche d’Alba. De magnifiques lots de Tuber magnatum Pico ont été battus avec des bouteilles prestigieuses de Barolo et Barbaresco, présentées dans de grands formats.

C’est au château classé à l’UNESCO Grinzane Cavour, qui accueille la vente

Le dernier et le plus précieux lot a été joué en direct par satellite entre Grinzane Cavour, Hong Kong et Matera.

LE RICAVATO ET LA SOLIDARITÉ

Le produit total de l’édition 2018 de la vente aux enchères mondiales de la truffe blanche d’Alba s’est élevé à 393 900 euros.

Le dernier lot record absolu, un bel exemple pesant 880 grammes, a été conquis par un jeune homme d’affaires de Hong Kong après un « combat singulier » avec les Langhe et la Basilicate, pour la somme remarquable de 85 000 euros.

La récolte à Grinzane Cavour sera attribuée en partie à la fondation du nouvel hôpital Alba Bra Onlus et en partie à des sujets non encore identifiés.
Les recettes de Hong Kong iront à nouveau à l’Institut « Mother’s Choice », qui aide les enfants sans famille et les jeunes mères dans le besoin.

Le produit de la vente aux enchères maternelle sera reversé à l’association « Con Cuore Impavido », engagée aux malades de Sla et de leurs familles, ainsi qu’à l’organisation à but non lucratif de la Federazione Italiana Cuochi, qui intervient en situation d’urgence.

Tomaso Zanoletti, président de l’œnothèque régionale Piemont Cavour: «L’année favorable pour la naissance de la truffe nous a permis de présenter des spécimens d’une beauté et d’une qualité exceptionnelles, très appréciés des concurrents. Une fois encore, Hong Kong a démontré sa passion pour ce merveilleux produit de notre pays, alliant sensibilité et affectation de ressources importantes à des fins caritatives, comme l’ont également fait des invités à Grinzane et à Matera. Je remercie sincèrement tous ceux qui ont rendu possible, encore une fois, de faire du bien grâce à la Truffe Blanche d’Alba « .

Matteo Ascheri, président du Consortium Barolo Barbaresco d’Alba Langhe et Dogliani: « Une alliance stratégique entre les grands vins des Langhe, Barolo et Barbaresco et la Truffe Blanche d’Alba, capable de parler une langue internationale et d’être un ambassadeur dans le monde de nos collines Unesco. Sur les marchés orientaux, en particulier, la passion et la culture de nos vins et de notre cuisine grandissent, et par conséquent, la demande et l’exportation « .

Les trifolau, c’est-à-dire les chasseurs de truffes, ont suscité une grande sympathie. Ils sont intervenus pour la deuxième année consécutive afin d’interrompre la compétition avec leurs fidèles tabui, les chiens truffiers Meticci, véritables protagonistes de la chasse aux truffes.
Des groupes des différentes régions du territoire étaient présents: Alta Langa, Bassa Langa, Roero et Monferrato.

https://www.fieradeltartufo.org/xix-asta-mondiale-del-tartufo-bianco-dalba/

http://www.castellogrinzane.com/it/Comunicato-stampa-2018

 

LIVRES

Les Plus belles Fiat de 1960 à 1990 de Patrick Vergès & Nicolas Delpierre, paru chez Etai, 39 €

Après l’histoire d’Alfa de 1910 à nos jours par Maurizio Tabucchi sortie en mars 2018. Une somptueuse sélection avec les Fiat 130 coupé 3.2 V6, Dino, 124 sport, 850 sport, X1/9, 1500 coupé…

https://www.editions-etai.fr/autofocus/5639-les-plus-belles-fiat-9791028303136.html

 

L’Italie abandonnée du photographe Robin Brinaert

Un ancien pavillon de chasse de la duchesse de Parme, un spectaculaire château mauresque laissé à l’abandon, les vestiges d’un studio de cinéma avec les décors du film Pinocchio, un asile psychiatrique désaffecté, une discothèque tombée dans l’oubli dans un faux château médiéval, les ruines d’un hôtel spa renommé qui fut ravagé par un incendie…

Robin Brinaert voyage à travers l’Italie depuis plus de huit ans à la recherche de ces lieux abandonnés, interdits et oubliés.

Comme dans le film Bella & perduta de Pietro Marcello ou les peintures de Francesco Guardi. Une Italie élégante, artistique mais passée…

L’Italie abandonnée de Robin Brinaert, paru le 31 octobre 2018 aux Editions Jonglez, 39.95 €

facebook.com/guidesinsolites

 

La Morte a fatto l’uovo, de Giulio Questi avec Jean-Louis Trintignant, Gina Lollobrigida, Ewa Aulin, Jean Sobieski, 1968

Titre surréaliste typique des gialli avec des références aux femmes, à la mort, aux meurtres, aux animaux…

Giallo politique en milieu poulailler. La classe ouvrière va à l’abattoir, une vision anticipatrice avec la partition de Bruno Maderna en jazz moderne et contemporain.

Marco occupe le poste de cadre supérieur au sein d’une entreprise que possède son épouse Anna. L’action se passe dans une ferme industrielle expérimentale, dotée d’un laboratoire, spécialisé dans l’élevage de poulets génétiquement modifiés. Voilà qui annonce les dérives dans les usines d’abattage d’animaux d’une insupportable réalité.

« Un bel homme bien sous tous rapports commence à perdre pied au fil du développement de son entreprise et la révolte de ce patron rejoint celle de l’ouvrier d’usine de La Classe ouvrière va au paradis d’Elio Petri. Alors que le film débute comme un giallo avec un massacre sexuel d’une jolie femme aux allures de mannequin, il se poursuit dans une direction où le genre supposé s’évapore très vite pour devenir une critique de la société consumériste avide de gain dans une course-poursuite sans fin où la folie de l’accroissement économique produit des monstres et toujours plus de frustrations sexuelles. »

« Jean-Louis Trintignant brise son image de personnage de doux romantique d’Un homme et une femme de Claude Lelouch et Ma nuit chez Maud d’Éric Rohmer et livre un rôle aussi fort qu’incontournable comme le fut également son personnage à la même époque dans Le Grand silence de Sergio Corbucci. »

« Giulio Questi ira encore plus loin quatre ans plus tard avec Arcana, délire fantastico-ésotérique, et mettra fin à sa carrière pour le grand écran. Il poursuivra ses activités à la télévision et finira par réaliser des courts métrages fauchés auto-produits. Une drôle de carrière pour un cinéaste atypique, exigeant et un peu fou.

Le film sort chez Studio Canal dans la collection dirigée par Jean-Baptiste Thoret. Au menu, une présentation par Thoret lui-même du film, un émouvant documentaire sur Jean-Louis Trintignant et surtout une interview indispensable et rare de Giulio Questi vers la fin de sa vie (il est décédé en 2014). Inutile de rajouter que la copie présentée, uniquement en VOST, est magnifique. »

Six femmes pour l’assassin de Mario Bava, 1964

Un giallo pionnier du cinéaste Mario Bava. « Pépite formaliste et sensorielle campée dans un décorum baroque », Six femmes pour l’assassin ouvrit la voie à Dario Argento et toute une génération de réalisateurs.

« Six femmes est un des actes fondateurs du giallo avec ses rituels meurtriers souvent sadiques et teinté d’érotisme. Un cinéma expressioniste coloré avec des décors baroques des inventions formelles dont Bava est un grand maestro avec un goût pour le morbide et le fétichisme. »

Le giallo est un genre de film d’exploitation, principalement italien, à la frontière du cinéma policier, du cinéma d’horreur et de l’érotisme, qui a connu son heure de gloire dans les années 1960 à 1980. Les réalisateurs phares du giallo sont Mario Bava et Dario Argento. Ca démarre en 63 avec la fille qui en savait trop de Mario Bava, puis le Corps et le fouet et Six femmes pour l’assasin du même réalisateur. La Mort a pondu un oeuf arrive juste après.

Une nouvelle décennie s’ouvre avec l’Oiseau au plumage de cristal film quitte ou double de Dario Argento produit avec son père.

Dario Argento est venu à Paris à l’Instituto Italiano di Cultura il a quelques mois présenter son autobiographie, Paura qu’on avait fortement recommandé.

Dans la lignée des grands polars français, Sans mobile apparent, adapté d’un roman américain de Ed McBain, offre à Jean‑Louis Trintignant l’opportunité d’interpréter un flic énigmatique et taciturne. Grand passionné du film noir hollywoodien, Philippe Labro transpose l’action sur la côte niçoise, Jean‑Pierre Marielle, Dominique Sanda, Laura Antonelli et même Sacha Distel comptent parmi le casting de ce polar inédit.

Paru le 30 octobre 2018 en combo Blu-ray/DVD, Make my day/Studio Canal/Universal Pictures, 19.99 €

 

François, BD de Arnaud Delalande, Laurent Bidot, Yvon Bertorello, paru chez aux Arènes, le 12 septembre 2018, 20 €

Des favelas de Buenos Aires au trône de Saint-Pierre, le destin d’un homme hors du commun.

« Jorge Bergoglio est d’abord un garçon comme les autres, qui aime le foot et les copains, tombe amoureux, rêve de tango et hésite à devenir médecin. Un jour de 1954, il se sent appelé à devenir prêtre. Dans l’Argentine des années 70, entre la répression militaire et la violence de la « libération marxiste », il promeut une « théologie du peuple », au nom du Christ. Il parcourt les favelas, défend les pauvres, les victimes de la dictature…

Une fois élu, le pape François se bat sur tous les fronts. Il prend position pour l’écologie, la biodiversité ou l’accueil des réfugiés. Il critique les excès de la mondialisation, interpelle à chaque occasion les puissants de ce monde, sans oublier sa propre administration, qu’il entend réformer. »

http://www.arenes.fr/livre/francois/

 

MUSEE GREVIN

Le musée du vrai-semblant aux 700 000 visiteurs annuels a intronisé le 19 novembre 2018 le retour de Pierre Richard dans sa célèbre galerie. On sait peu qu’il est petit-fils d’immigré marchisan.

www.grevin.com


Tables rondes Retour de l’Italianité, Ground Flore Café & Charolais Club, Ground Control, le jeudi 11 octobre 2018

Ground Flore Café #18, Retour à l'Italianité

Émission sur la web-radio Ground Control, Ground Flore Café #18 sur « Le Retour de l’Italianité », animée par Hugues Robert avec Guillaume Malaurie du Magazine Historia, Patrice Gaspari du magazine La Voce, Fabrice Masera, libraire et joueur d ‘accordéon à 18h…

Au Charolais Club du Ground Control, « Le Retour de l’Italianité », animé par Guillaume Malaurie, avec Patrice Gaspari, Fabrice Masera, avec les interventions musicales de Vincent Tondo à 19h…

www.facebook.com/events/1191345007684232

Le spectacle de Alberto Toscano

Le programme complet du festival

www.historia.fr/événement/tous-à-ground-control-paris-pour-fêter-l’Italie

charybde2.wordpress.com


Cappuccino, Aligre fm, dimanche 2 septembre 2018

Au  programme  dans  Cappuccino sur Aligre fm, l’actualité culturelle italienne avec les 20 ans de la disparition de Nino Ferrer, Genova nel cuore, l’As.Pa.Pi, les italiens de Nogent au village des Associations au Pavillon Baltard le dimanche 9 avril, Jamie Oliver cuisine l’Italie, Caravaggio au musée Jacquemart-André & le DVD Dopo la guerra de Annarita Zambrano… alle 9,30 in diretta, la trasmissione in pigiama del domenica mattina !

http://www.aligre-cappuccino.fr/inv2018.htm

 

EXPO

Caravage à Rome, amis & ennemis, du 21 septembre au 28 janvier 2019

À l’automne 2018, venez découvrir une exposition consacrée à Caravage (1571 – 1610), figure emblématique de la peinture italienne du XVIIe siècle. Pour cet événement unique, 10 chefs-d’oeuvre de Caravage, dont 7 jamais présentés en France, seront réunis pour la première fois dans une exposition et dialogueront avec des oeuvres d’illustres contemporains comme le Cavalier d’Arpin, Orazio Gentileschi ou Giovanni Baglione.

Le Musée est ouvert tous les jours de 10h à 18h. Nocturne le lundi jusqu’à 20h30.
Le Café Jacquemart-André est ouvert du lundi au vendredi de 11h45 à 17h30 et à partir de 11h le week-end. Brunch le dimanche de 11h à 14h30. Ouverture en nocturne tous les lundis jusqu’à 19h (dernière admission 18h30).
La librairie-boutique culturelle est ouverte aux horaires du Musée, y compris le dimanche.

Plein tarif : 15 €

158, boulevard Haussmann

75008 Paris

En métro : Lignes 9 et 13, stations Saint-Augustin, Miromesnil ou Saint-Philippe du Roule

https://www.musee-jacquemart-andre.com/fr/caravage-rome-amis-ennemis

HOMMAGES

NINO FERRER, le 13 août 1998, 20 ans de sa disparition (en se donnant la mort, deux mois après sa mère…) . Un homme de cultures qui manque terriblement. Un homme libre… Né à Gênes et naturalisé français à 44 ans.

CD

Et toujours en été, best of 3cd, Nino Ferrer, Barclay/Universal music, 15.99 €

LIVRE

« Entre “Mirza”, “Le Téléfon” ou “Le Sud”, Nino Ferrer a illuminé les années soixante en recréant un rhythm’n’blues à la française, puis s’est lancé dans les années soixante-dix dans une musique ambitieuse mélangeant rock progressif et débridé. Cas à part dans l’univers musical français, il est un paradoxe à lui seul : rares sont les artistes à avoir bénéficié toute leur carrière d’une telle notoriété, en ayant connu une aussi longue traversée du désert. Un cas d’école car peu de musiciens de ce calibre ont choisi de bâtir leur carrière en s’exonérant de la charge qui incombe à un artiste populaire. À partir des interviews données par Nino Ferrer, de rencontres avec sa famille et certains témoins essentiels, cet ouvrage retrace le parcours d’un homme libre et replace son œuvre dans la grande histoire de la pop music, au-delà de ses tubes. »

Parution : 23/08/2018, ISBN : 9782360548002, 256 pages (148×210), 20.00 €

https://lemotetlereste.com/musiques/ninoferrer/

Et aussi Kinou cuisine  de Kinou (Jacqueline) Ferrari, la compagne et mère des deux fils de Nino aux éditions la Fanfare.

Tomates, mélisse, sariette, lavande et truffes… Il adorait le risotto à la milanaise, les boulettes, les gnocchis et la sauce all’arrabbiata, foie de veau à la vénitienne, huîtres, lentilles de sa grand-mère… Bananes flambées au chocolat…

144 pages, 20 €

GENOVA nel cuore

http://www.comune.genova.it/content/manifestazione-di-interesse-magliette-genova-nel-cuore

http://www.comune.genova.it/content/attivit%C3%A0-di-volontariato-emergenza-crollo-di-ponte-morandi

DVD

APRES LA GUERRE (DOPO LA GUERRA) un film de Annarita Zambrano, 2017

Romaine et parisienne. En 2013, elle a réalisé pour la Rai et Ciné+ L’Âme noire du Guépard, documentaire sur le chef-d’œuvre de Luchino Visconti.

« Bologne, 2002. Le refus de la loi travail explose dans les universités. L’assassinat d’un juge ouvre des vieilles blessures politiques entre l’Italie et la France. Marco, ex-militant d’extrême gauche, condamné pour meurtre et réfugié en France depuis 20 ans grâce à la Doctrine Mitterrand, est soupçonné d’avoir commandité l’attentat. Le gouvernement italien demande son extradition. Obligé de prendre la fuite avec Viola, sa fille de 16 ans, sa vie bascule à tout jamais, ainsi que celle de sa famille en Italie qui se retrouve à payer pour ses fautes passées. »

Un film qui questionne les soubresauts socio-politiques de la société italienne contemporaine.

Après la guerre, DVD, Pyramide vidéo, sortie le 21 août 2018, 19.99 €

http://distrib.pyramidefilms.com/pyramide-distribution-catalogue/apres-la-guerre-dopo-la-guerra.html

CINEMA

Mostra de Venise

En compétition, du 29 août au 8 septembre 2018 :

Sélection officielle

Suspiria de Lucas Guadagnino, Doubles vies d’Olivier Assayas, The Sisters brothers de Jacques Audiard, LES ESTIVANTS de Valeria Bruni Tedeschi, Interpreti Valeria Bruni Tedeschi, Pierre Arditi, Valeria Golino, Noémie Lvovsky, Yolande Moreau, Laurent Stocker, Riccardo Scamarcio, Bruno Raffaelli, Marisa Borini, Oumy Bruni Garrel, Vincent Perez, Stefano Cassetti, Xavier Beauvois…

Venezia classici

Le Portier de nuit de Liliana Cavani, Il Posto de Ermano Olmi, l’Année dernière à Marienbad de Alain Resnais, Mort à Venise de Luchino Visconti…

http://www.labiennale.org/it/cinema/2018/selezione-ufficiale/venezia-75-concorso


Antithèses VI

La première année de ce deuxième quinquennat s’achève pour Evviva la Pappa ! Toujours des bonnes recettes, fondant au chocolat, cocadas, crostate… Une mémorable Fête des Jardins au Parc Floral, avec un cortège d’harmonies de piano à bretelles, un Cappuccino largement culturel sur Aligre fm très régulièrement et une orientation patrimoniale cette année pour différents médias avec Le Panthéon de Paris, le Procope, et le Palais d’Iéna avec compte-rendu dans le blog en bonus !

Pour fêter les six ans d’Evviva la Pappa ! et l’arrivée du printemps, encore et toujours des antithèses pour souligner la polarisation des choses. Cette fois, c’est thème unique Francia-Italie !

Festival de Cannes ou Mostra de Venise
Courchevel ou Cortina
Nouvelle vague ou Comédie italienne
Côte d’Azur ou Riviera

La mode parisienne ou la mode milanaise
JPG ou D&G
Panthéon de Paris ou Panthéon de Rome
Tour Eiffel ou Colisée

France Télévisions ou la Rai
Laure Manaudou ou Federica Pellegrini
Saint-Tropez ou Portofino
La Marseillaise ou Il Canto degli italiani

Louison Bobet ou Gino Bartali
Johnny Hallyday ou Adriano Celentano
Bernard Hinault ou Francesco Mozer
Le Tour ou le Giro

Oignon des Cévennes ou oignon de Tropea
Anne Hidalgo ou Virginia Raggi
Haute gastronomie ou cuisine familiale
Tapie ou Berlusconi

Opera Garnier ou Scala de Milan
Barbara ou Mina
Claude Nougaro ou Paolo Conte
Gus Viseur ou Tony Murena


Les 80 ans du Palais d’Iéna, magazine La Voce n°99, février 2018 & n°100 avril 2018

DSCN6614sProche du somptueux Palais Galliera d’origine italienne, sur la colline des musées de Chaillot, le Palais d’Iéna fête ses 80 ans. Il abrite la troisième chambre constitutionnelle de la République avec à sa tête, Patrick Bernasconi, un trentino-normand au sein d’un sommet d’architecture célébrant les Travaux Publics.

C’est dans le cadre de l’Exposition Internationale des « Arts et des Techniques » que le Palais d’Iéna fut conçu en 1937 pour abriter Le Musée des Travaux Publics (1939/1955). L’exposition, qui s’étend du Trocadéro jusqu’aux Invalides par le Champ de Mars, s’est accompagnée de la création de plusieurs Musées, la plupart sur la Colline de Chaillot. Le Musée des Travaux Publics était destiné à montrer de façon spectaculaire et didactique les grandes réalisations françaises  dans le domaine du génie civil et des travaux publics. Les finitions internes sont en marbre rose et béton armé.

Le Palais d’Iéna a été construit en 1937 et inauguré en 1939 par Albert Lebrun, Président sous la IIIème République. Il est classé monument historique en 1993.

En 1946, le CE (Conseil Économique) est inscrit dans la Constitution de la IVe République. C’est la troisième assemblée constitutionnelle de la République

En 1958, le CE devient CES (Conseil Économique et Social) et est inscrit dans la Constitution de la Ve République.

En 1959, le Palais d’Iéna devient le siège du CES.

En 2008, on ajoute la compétence environnementale au CES qui devient CESE (Conseil Économique, social et Environnemental.

En 2015 & 2016, la restauration des façades extérieures en béton s’affiche.

L’assemblée du CESE est composée de 233 membres ainsi que 60 personnalités associées. Les membres sont répartis en trois grands pôles représentant les acteurs de la vie économique, et du dialogue social, de la vie associative et territoriale ainsi que d’associations et de fondations agissant dans le domaine de la protection, de l’environnement et du développement durable. Il favorise le dialogue entre les catégories socioprofessionnelles et participe à l’information des citoyens. Il conseille le Gouvernement et le Parlement et participe à l’élaboration et à l’évaluation des politiques publiques dans ses champs de compétence. Il peut être saisi par le Premier ministre, le président de l’Assemblée Nationale ou du Sénat par voie de pétition ou d’autosaisine.

Il existe un convivial Club des Passionnés d’Iéna ouvert à tous dans un réseau qui regroupe entreprises, associations et institutions.

Les enjeux de cet anniversaire sont multiples.

Il s’agit de valoriser un patrimoine architectural, d’annoncer la volonté d’inscrire le Palais d’Iéna sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO et enfin, de restaurer ce patrimoine par une démarche de mécénat ambitieuse notamment de PRADA Group.

Concernant le CESE, l’ambition est de constituer le CESE dans une chambre moderne, de favoriser les expressions citoyennes et de valoriser la contribution du CESE à la fabrique de la loi.

La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, lors du lancement de l’anniversaire, a rappelé le contexte historique de la création du Palais d’Iéna. 1937 fut l’année de l’espoir selon les mots d’André Malraux premier titulaire du ministère de la Culture. Le face à face entre l’Allemagne nazie et la Russie soviétique s’est affirmé. L’Italie a décidé de sortir de la Société des Nations. Picasso a peint l’œuvre majeure antimilitariste Guernica, sur les massacres pendant la guerre civile espagnole. A un ambassadeur du régime nazi qui lui demandait : « C’est vous qui avait fait cela ?», Picasso a répondu : « Non, c’est vous ».

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Histoire

Le temps ne respecte pas ce qui se fait sans lui disait Paul Morand. Relever un défi de rivaliser avec l’ordre antique du Parthénon à Athènes, le Palais d’Iéna à l’origine s’inscrivait dans un grand projet pour Paris. Auguste Perret fut pressenti pour élaborer le plan général de l’Exposition Internationale des Arts & Techniques de 1937. Pour lui, il s’agissait de compléter les grands travaux du baron Haussmann tout en améliorant la fonctionnalité du territoire parisien.

De grande ampleur le projet dispose de pavillons nationaux le long d’une allée centrale et rive droite sur la colline de Chaillot, un complexe muséographique surnommé cité des musées. Ce projet sera finalement abandonné suite à la crise politique de 1934.

Il n’en demeure pas moins le grand ensemble des musées: musée de l’Homme -1938-, musée de la Marine -1943-, et musée des Monuments français -1882-.

Ainsi que d’autres qui viennent compléter comme le Musée d’Art Moderne -1947-, le musée Guimet des arts asiatiques -1885-, et celui de la mode -1977- (au sein du Palais Galliera légué à la ville de Paris par la duchesse génoise du même nom).

Perret se verra confier la création d’un projet de musée des Travaux publics en 1936. Le palais ne sera pas achevé pour l’exposition de 1937. Il quitte le chantier après la guerre avant d’achever les ailes de l’avenue du Président Wilson et de l’avenue Albert de Mun. L’aile de l’avenue du président Wilson sera l’œuvre de Paul Vimond, un élève de Perret, Grand Prix de Rome, terminé en 1962. L’aile Albert de Mun sera achevée en 1995. Inauguré en 1939, le musée des Travaux publics restera ouvert une quinzaine d’années et sera réquisitionné en 1954 pour une assemblée de représentants des colonies et des territoires d’Outre-mer à l’Union française pendant 5 ans.

Architecture

Œuvre phare de Perret, un des plus beaux édifices de la République, le palais est juché tel l’étrave d’un navire sur une parcelle à la déclivité de 4 mètres. On est culparterrisé. La rotonde accueille l’hémicycle. Elle coiffe deux modules en V. Elle est constituée d’une double ossature. La première est portée par des colonnes en retrait. La seconde couronnée par les fameux claustras, des parois ajourées dont les modules sont en V. L’ensemble s’articule autour de deux coupoles. L’une intérieure formée d’un voile en béton abritant l’hémicycle, l’autre extérieure surmontée d’un lanternon.

L’aile Perret avenue d’Iéna abrite une colonnade. Ces colonnes tronçoniques sont installées la tête en bas, elles s’élèvent en s’évasant, ornées de motifs végétaux. Les points d’appui sont plus gros en haut qu’en bas. Elles s’inspirent de groupe de palmiers égyptiens. Perret admirait le miracle grec du Parthénon dont aucun élément n’est régulier.

La salle hypostyle logée dans l’aile d’Iéna est accessible par une galerie circulaire de l’entrée. L’espace qui se déploie est monumental : 18 mètres de large sur 60 mètres de long. 7 mètres de hauteur sous plafond, 18 colonnes tronçoniques. Elles contiennent des fragments de silex, le reste de la structure est composé de parpaings préfabriqués qui contiennent des agrégats de porphyre vert (cristaux de roche volcanique) et marbre rose. Les plafonniers ont constitués de pâte de verre et les caissons de chêne cérusé.

La salle hypostyle a servi de décor de tournage pour le documentaire, Corée du Nord, la dictature de la bombe de Stéphane Masseline & Anne Loussouarn, Magnéto Presse, 2018.

Dans la rotonde est aménagée une salle en amphithéâtre de 25 mètres de diamètre. Les gradins contiennent les 238 sièges des conseillers du CESE ainsi qu’une tribune de 185 places réservées au public. La coupole intérieure se compose de nervures concentriques en béton ainsi que de baies vitrées.

En face de l’hémicycle trône l’escalier monumental tout en pierres de Vaurion avec à sa base, deux colonnes évasées façon tronc de palmiers autour desquelles la rambarde vient s’enrouler. Un ensemble porté par l’étincelance lumineuse des baies vitrées aux claustras en V, à l’abstraction là aussi toute orientale. En majesté il semble léviter en joyau art déco.

Pour Joseph Abraham, historien et professeur à l’École Nationale d’Architecture de Nancy, le Palais d’Iéna d’Auguste Perret constitue « un nouvel ordre monumental sans référence archaïsante. Il réinvente le classicisme en travaillant non pas sur le renouvellement des formes mais sur les proportions des différents éléments constructifs ».

Auguste Perret

Il est né à Ixelles dans la banlieue de Bruxelles (non loin de la Maison de la Radio conçue par Joseph Diongre, toute en angles arrondis et briques jaunes, place Flagey, là où se trouve une des plus belles frites de Belgique et construit la même année que le Palais d’Iéna). Fils d’un tailleur de pierre-entrepreneur, il a étudié à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. Il assimile le classicisme et le rationnalisme de ses prédécesseurs (Viollet-Le-Duc, Labrouste, Eiffel, Choisy, Guadet, de Baudot – église Saint-Jean Evangéliste de Montmartre…). Il fonde avec ses deux frères une agence d’architectes et une entreprise de construction, la société Perret Frères Architectes Constructeurs béton armé. A l’image de ses prédécesseurs, il défend la fonction de constructeur comme l’essence même de l’architecture.

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Entrepreneur et architecte visionnaire, un des maîtres de Le Corbusier, il est souvent décrit comme le poète du béton. Il a toujours cherché à donner une dignité à ce matériau. Le beau dans l’utile. Il a inventé un nouvel ordre classique en partant des ordres antiques alliés aux techniques modernes de construction. Le béton armé est un matériau moderne, disponible, économique et performant. C’est un mélange de ciment, de sable et d’autres graviers. Matière miraculeuse, expression monumentale du XXème siècle comparable à l’Antiquité ou au Moyen-Âge. « Il n’est pas entré ici un sac de plâtre » à propos du Palais d’Iéna. Perret est un puriste. Pas de ragréage, on laisse les irrégularités d’une maçonnerie. Le béton se travaille au marteau, à la boucharde, à la cisaille ou à la laye.

Il est célèbre pour sa conception du théâtre des Champs-Elysées et de l’immeuble de la rue Franklin. Il est parti faire ailleurs l’église au Raincy avec une performance sur le coût et le délai de 13 mois, elle est surnommée la Sainte-Chapelle du béton armé. Casino de Saint Malo 99, Salle Cortot du Conservatoire de Musique de Paris 29, le Palais du mobilier national Paris 34, tour place Alphonse-Fiquet à Amiens 42. L’Hôtel de Ville et les Ilots V40 & V41 qu’il a signé au Havre figure sur la liste du patrimoine mondial de l’Humanité de l’UNESCO en 2005.

Art

Au chapitre des meubles on peut admirer dans la salle hypostyle, des fauteuils facettés contemporains rappelant les claustras conçu par le designer Pierre Paulin en 1987. Des témoignages de la haute lisse française représentée par les ateliers de Beauvais, Aubusson ou la Manufacture des Gobelins. Dans la salle hypostyle, deux tapisseries célébrant l’exotisme d’après un carton de René Perrot proviennent des ateliers d’Aubusson. Au centre de l’hémicycle sous la fresque de Jean Souverbie, se déploie trois tapisseries des Gobelins d’après Marcel Gromaire, L’Automne, l’Hiver et l’Eau.

Les onze métopes au dessus des baies vitrées de la rotonde à l’entrée du Palais sont restées vides pendant cinquante ans. C’est l’artiste Martial Raysse qui se verra confier par le ministère de la Culture la conception de ces métopes en 1985. Elles seront mises en mosaïque par l’artisan romagnol Luigi Guardigli qui a travaillé pour Fernand Léger, Georges Braque, Marc Chagall… et également joueur de mandoline. Une statue en bronze de patine noire intitulée Sol et colombe ou La Naissance de la pensée trône devant l’entrée du Palais. Conçue par Martial Raysse, elle fut façonnée par la fonderie Tesconi à Pietrasanta en province de Lucques dans la région Toscane.

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Le bureau du président est une pièce maîtresse. Le bureau meuble fut conçu pour le premier président du Conseil Économique, prix Nobel de la Paix en 1951, Léon Jouhaux. Deux tentures de la Manufacture des Gobelins, une tapisserie, un carton du peintre Jules Flandrin et une table en marbre vert complètent l’ensemble. La culture est la règle, l’art, l’exception disait Jean-Luc Godard.

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Le Président de la République a proposé le 3 juillet 2017 devant le Congrès une réforme du CESE. Il s’agit de redonner à la troisième assemblée constitutionnelle de France sa place dans la démocratie.

Questions adressées à Patrick Bernasoni, à la tête du CESE :

Quel est votre ressenti sur vos deux premières années de mandature en tant que président du Conseil Économique, Social & Environnemental ?

Patrick Bernasconi: Nous sommes arrivés avec un véritable projet collectif pour cette nouvelle mandature afin de réinstitutionnaliser ? Les lieux et de faire en sorte que le Conseil soit pleinement reconnu pour ce qu’il est, à savoir, un endroit l’on créé des consensus, où l’on montre l’acceptabilité d’une réforme de la part de la société de façon globale. Ce beau projet que l’on porte aujourd’hui commence à rentrer dans les idées des uns et des autres.

Nous sommes pleinement satisfaits de la position du président de la République qui s’est exprimé sur le CESE au mois de juillet, dans le sens que l’on souhaitait. Faire en sorte que demain le CESE soit ce trait d’union entre les pouvoirs publics et la société civile nous satisfait énormément puisque l’on se bat pour cela. On voit le CESE monter en puissance, il est de plus en plus reconnu, ses avis portent sur tous les sujets d’actualité, c’est une institution en pleine modernisation. Ce mouvement va encore s’accélérer du fait des réformes institutionnelles. Nous sommes très confiants pour l’avenir.

Dans ce sillon de l’impulsion présidentielle, quel est le chemin que vous comptez tracer pour la deuxième partie de votre mandat ?

PB: L’idée est de porter cette réforme selon différents axes. D’abord constituer la «Chambre du futur» selon les mots présidentiels, en donnant de l’ampleur à la fabrique de la loi, en ayant un regard porté davantage sur l’institution. Etre le lieu du débat public, en recensant beaucoup d’avis, y compris dans d’autres comités, et en constituant un lieu d’expression en relation avec les citoyens.

L’entrepreneuriat pour vous, c’est accompagner des individus dans une fréquence collective, créer de la richesse ou transformer la société ?

PB: C’est tout à la fois. Pour ma part j’ai souhaité être entrepreneur parce que je voulais être libre, maîtriser ma vie. Par la suite, on s’aperçoit qu’on n’est jamais aussi libre qu’on le veut bien. On rend toujours des comptes à quelqu’un. Etre entrepreneur c’est beaucoup plus que vouloir être libre, c’est porter un projet collectif, constituer des équipes, rassembler. Aujourd’hui de plus en plus d’entreprises, vous le dites vous-même, sont fortement ancrées dans la société, elles ont d’autres fonctions que vendre ou créer un produit. Il y a toutes ses dimensions dans les entreprises qui ont beaucoup évolué au fil des années.

Vous avez conservé un lien fort avec l’Italie ?

PB: Mon père est né Italie dans le Trentin, à Molina di Ledro, un très beau village au-dessus du lac de Ledro (à une heure de marche du lac de Garde). Il est arrivé très jeune en France. Mon grand-père est venu construire des citernes à cidre en béton armé dans le Cotentin comme pour la structure du Palais d’Iéna. Une histoire comme beaucoup l’ont vécu de maçons italiens venus créer leur entreprise dans la société française.

Les immigrés italiens parlaient souvent en disant : celui-là il est entrepreneur, c’est-à-dire il a une entreprise dans le bâtiment. Pourquoi la part du bâtiment dans l’entrepreneuriat des PME était-elle aussi forte ?

PB: Je crois qu’il y avait un savoir-faire important des immigrés italiens lorsqu’ils sont arrivés en France notamment dans le domaine du béton. Cela a constitué des opportunités de créer leur propre entreprise. Les immigrés en général sont portés par leur envie de réussir et développent leurs compétences.

Ho vistu che stan faccendo i travàggi di ampliamentu. E diffeti li in terra ghera sacchetti de cimentö, ferrö, eccetera, eccetera… Ûn de cûlli ricuveræ u ma dïttu :

  • Stia attento quando passa vicino a quel cemento.
  • Perché ?
  • E armato.

Roba da matti, Giuseppe Marzari, Genova, 1967.

Pour plus d’informations sur le Conseil Économique, Social & Environnemental:

Site: www.lecese.fr

Blog: loeilducese.fr

 


Le Prix Procope du livre de cuisine, La Voce n°98, décembre 2017

Les trois finalistes

Il a été dévoilé le 14 Novembre 2017 dans les salons du Procope, l’un des plus vieux cafés d’Europe, et plus vieux restaurant de Paris, installé au cœur du quartier de Saint-Germain-des-Prés depuis 1686. Il est l’œuvre d’un jeune palermitain plein d’appétit avec un certain goût littéraire.

Un foyer aux origines italiennes

En 1644, la fève de café est introduite en France à Marseille par des voyageurs venus des pays d’Orient. Il arrive à Paris dans des maisons très raffinées comme celle du gascon Maréchal de Gramont ou de l’abruzzais cardinal Giuglio Raimondo Mazzarino. C’est en 1672 que Pascal, un arménien, eu l’idée de créer une maison du café à la Foire Saint-Germain.

Francesco Procopio dei Coltelli est né à Palerme en 1650. Il arrive à Paris à l’âge de vingt-deux ans. Il trouve rapidement un emploi à la Foire Saint-Germain en servant le café chez Pascal. Il devint par la suite maître-distillateur limonadier. Il s’installe rue de Tournon où il compose et vend du café en grain, en poudre et en boisson.

Francesco Procopio rêve cependant d’un autre établissement que ceux qui existent à Paris où les cafés sont mal fréquentés. En 1686, lui échoit d’acquérir rue des Fossés saint-Germain un établissement de bain à l’enseigne du Saint Suaire de Turin et de louer les deux maisons voisines. Procopio va créer un cadre élégant et chic en s’inspirant du style transalpin. Il abat les cloisons et réunit les trois immeubles pour créer de vastes salles qu’il décore de dalles en noir et blanc. La réputation de l’endroit ne se fait pas attendre grâce aux talents multiples du maître. Il prépare de savants mélanges.

Procopio apprécie tant l’esprit et la culture française qu’il a demandé et obtenu la nationalité française et francisé son nom : François Procope Couteau.

Foyer de l’ancienne comédie

Le Procope est situé au 13, rue de l’Ancienne Comédie. Elle devient au début du XVIème siècle le chemin conduisant de la rivière de Seyne au Pré-aux-Clercs, lieu où se déroulaient de nombreux duels, cité dans la pièce de théâtre d’Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac. Ce n’est qu’en 1560 que ce chemin fut appelé rue des fossés-Saint-Germain. Au XVIIème elle devint la rue Neuve des Fossés et en 1689 rue de la Comédie en l’honneur du transfert de la Comédie Française au 14. Pour la première fois en France, une salle en hémicycle à la mode des salles italiennes était utilisée. Elle pouvait contenir 1500 spectateurs. L’inauguration de la troupe aura lieu avec Phèdre et le Médecin malgré lui. La rue de l’Ancienne Comédie tient son nom en l’honneur du théâtre des Comédiens Français après leur départ pour l’ancienne salle des machines aux Tuileries en 1770 aménagée en théâtre par Soufflot. Ils partirent pour l’actuel Odéon-Théâtre en 1782 puis en 1790 dans une dépendance du Palais-Royal. L’incendie de 1900 a engendré la reconstruction de la Maison de Molière en une des plus belles salles de Paris. On croise au Procope La Fontaine ou Racine.

Foyer des Lumières

Le Procope est un lieu au cours des XVIIème & XVIIIème siècle où l’on peut facilement converser et faire avances des idées et des théories. C’est un véritable berceau du journalisme et un vivier de la communication. A côté des salons, des clubs et des académies qui exigent cooptation et cotisations, au Procope « seul l’esprit tient lieu de carton d’invitation » disait Voltaire. Le Procope devient un café littéraire mais aussi politique. C’est le fils de François Procope, Alexandre, qui va reprendre l’établissement en perpétuant la tradition paternelle de lieu d’échanges de lieu d’échanges et d’idées nouvelles. Jean- Jacques Rousseau, Diderot ou Benjamin Franklin sont des habitués. Voltaire y a choisi le lieu de sa comédie « Le Caffé ou l’Écossaise », Beaumarchais y organise une fête pour la première du Mariage de Figaro au théâtre de l’Odéon.

Foyer révolutionnaire

Après avoir été racheté à deux reprises, le Procope tombe dans les mains de Zoppi, un italien comme son fondateur. On peut voir son enseigne à l’autre entrée du café, cour du Commerce-Saint-André. Zoppi accueille ses voisins, Danton, Marat qui avait son imprimerie au 39, Fabre d’Eglantine, le boucher Legendre et Camille Desmoulins qui définit ce Café par le souvenir des grands hommes. Déjà, et cela va continuer…

La courroie de transmission des révolutionnaires est le club des Cordeliers, animé par Danton & Marat en référence aux moines franciscains par opposition au club des Jacobins dont le nom vient des dominicains. Ils vont se retrouver chez Zoppi.

Le bonnet phrygien (coiffure des esclaves affranchis chez les Romains) y est exhibé pour la première fois. Les mots d’ordre pour l’attaque des Tuileries des 20 juin & 10 août 1792 partirent du Procope. La table que Voltaire utilisait sert d’autel votif lors du passage de ses cendres pour le Panthéon, en 1794, puis pour les cercueils de Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau et de Jean-Paul Marat, en route pour le temple des grands hommes.

Un jeune homme taciturne portant un costume de général et chaussé de bottes trop grandes y passe des heures mélancoliques. Il s’agissait de Bonaparte.

Foyer des Romantiques

George Sand, la madone des lettres et des cœurs et Alfred de Musset venaient au Procope accuser la société et défendre la souveraineté de l’amour. Victor Hugo y défendit la liberté dans l’art. Paul Verlaine, Théophile Gautier et Honoré de Balzac le fréquentèrent ainsi que Roger de Beauvoir, auteur d’une rareté, paru en 1834: Il Pulcinella et l’Homme des Madones, Paris Naples Rome. Le Procope avait retrouvé la fièvre de jadis.

Un jeune étudiant, tribun surdoué venait haranguer l’auditoire. Il s’agissait de Léon Gambetta (ci-dessous), ligure par son grand-père. Avocat et homme politique, c’est Auguste Bartholdi (d’origine germanique), auteur de la statue de la Liberté conçue par Gustave Eiffel à l’entrée du port de New-York et aide de camp du général à la chemise rouge, Giuseppe Garibaldi, qui signa un monument en son honneur à Sèvres. Son cœur fut transféré au Panthéon dans une urne de marbre rouge. Il y était déjà représenté dans une fresque du croisillon sud.

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Un foyer de Prix

Le Procope a été choisi pour la cérémonie de remise des Prix de l’Humour noir depuis 1954, et du prix Jean-Zay, depuis 2005.

Pour rendre hommage aux philosophes du siècle des Lumières, le groupe Frères Blanc a lancé en 2011, le prix Procope des Lumières, destiné à récompenser l’auteur d’un essai politique, philosophique ou sociétal, écrit en langue française et paru en librairie pendant l’année en cours. Le premier prix Procope des Lumières récompense, en 2012, Ruwen Ogien et son essai, L’Influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine paru chez Grasset.

Architecture et décoration

La façade, avec ses balcons en fer forgé, ainsi que la toiture correspondante, sont inscrit aux monuments historiques depuis 1962. Le papier peint, imprimé à la main, date de 1830 et arbore la première devise de la République : Liberté, Egalité. Les caryatides qui soutiennent les portes du Procope affirment leurs origines italiennes avec leurs masques vénitiens.

Le Procope fut mis en liquidation en 1987, c’est Jacques et Pierre Blanc qui en deviendront propriétaires jusqu’à aujourd’hui.

La Cuisine des cinq saisons de Pierre Gagnaire a reçu le premier prix Procope du livre de Cuisine Bourgeoise. Un ouvrage destiné non pas à simplifier la cuisine mais à rendre très accessible la cuisine du jazzman des fourneaux. Pierre Gagnaire surprend une fois de plus. L’influence du bel paese n’est pas en reste. En témoigne, un velouté de panais à la moutarde de Crémone, salade amère ou des gnocchoni de pois cassés aux cèpes, un velouté de châtaignes au café, œufs en neige, mortadelle, des carrés de burrata au suc de carottes, dattes fraîches et jambon de Parme. Enfin de raffinées langoustines terre de Sienne…

Un livre pour tous destiné à simplement aimer la cuisine.

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Les autres finalistes en lice pour le prix étaient Christophe Michalak avec tout Michalak et le très remarqué Tour de France des bonnes recettes des Éditions Ouest France représentées par les sémillants Catherine Jolivet-Goarin & Jérôme le Bihan.

Le jury du Prix Procope du livre de cuisine

Parmi l’aéropage de personnalités composant le jury du Prix, il y avait la captivante Gabrielle Lazure. Elle a tourné son premier film en Italie avec Massimo Ranieri, & Laura Antonelli, ainsi que dans La Belle captive de Alain Robbe-Grillet, La Crime de Philippe Labro, parmi une cinquantaine de films ou dans la série Versailles. Elle partage avec Pierre Gagnaire d’avoir été chanté par Alain Bashung.

Gabrielle Lazure dans le salon Diderot

Le savoureux Marc Lecarpentier tenait également le cap, président de l’association Mot & mots et directeur du Festival du Mot à la Charité-sur-Loire dans la Nièvre du 30 au 3 juin prochain.

Entre palais ducaux et palais buccaux, l’exquis Stéphane Bern, journaliste historien, du patrimoine & des villages, a tenu à s’adresser aux lecteurs de La Voce : » Le Procope est un lieu très inspirant. J’ai beaucoup tourné ici car c’est un lieu historique. Par ailleurs, j’apprécie beaucoup les cuisines françaises et italiennes. J’aime la blanquette et la choucroute. En Italie, j’adore un fromage comme le gorgonzola, j’aime également beaucoup creuser directement dans la meule de parmesan. La panna cotta aux framboises est mon péché mignon. Des préparations comme la skordaliá, l’aïoli grec ou la melitzanosalata, le caviar d’aubergines grec au goût fumé, sont mes madeleines dans la cuisine hellène. »

www.procope.com